Running Man, de Stephen King

Publié: 15 février 2012 par maedhros909 dans Littérature, Science-Fiction
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La Grande Traque

Dans un futur qui nous parait à la fois proche et lointain, les USA sont en crise financière complète, un état totalitaire est au pouvoir depuis bien longtemps et les valeurs de l’humanité sont en passe de disparaître au profit de la violence.

Benjamin Richards est au bord du gouffre. Depuis qu’il est devenu chômeur à « temps plein » le monde s’effondre autour de lui. Dans une agglomération miteuse tenant d’avantage du bidon ville, en quarantaine des riches buildings, ses faibles revenus et ceux de sa femme ne suffisent plus à les nourrir. Et il lui faudrait des médicaments pour soigner sa petite fille atteinte d’une grave maladie.

Alors il décide de passer le pas et va s’inscrire à « La Grande Traque » le jeu de télé-réalité phare de ce monde gouverné par la télévision. Pour gagner le jeu rien de plus simple il faut échapper à des chasseurs qui n’ont pour but que de vous exécuter en direct. Le problème est qu’ils peuvent être aidés par la population qui peut gagner des primes pour « dénonciation »… Va-t-il être le premier à tenir 30 jours aux traqueurs, aux caméras et aux téléspectateurs avident de gains ?

 

Alors je commence la critique de cet ouvrage en brisant une idée reçue : Stephen King ne veut PAS FORCEMENT dire roman d’EPOUVANTE !
Bon nombre d’ouvrages de Stephen King se classent dans la Science-Fiction ou l’Anticipation comme celui-ci, « Dreamcatcher », « Dead Zone », « La ligne verte » ou encore « Le Fléau ». D’autre se rangent quelque part entre le fantastique et la SF comme « La Tour Sombre » pour n’en citer qu’un. Enfin, en effet, certains sont voués à l’épouvante comme « Salem », « Shining » ou encore « Simetierre ».
Mais il ne faut pas confondre « épouvante » comme un livre de Stephen King et « épouvante » comme une boucherie sanguinolente d’un quelconque réalisateur hollywoodien. La plupart des livres de Stephen King sont « noirs » et « violents » mais pas « gores » ou « sanglants ». Les textes suscitent donc en réalité plus l’effroi et la gêne que la peur ou l’épouvante.
Du reste cette conclusion est plutôt vraie pour tous les livres de King. Qui a vu le film « The Myst » ou lu le livre éponyme se souvient de sa choquante fin.

Pour en revenir à Running Man, il s’agit d’un pure chef d’œuvre d’anticipation noire et pessimiste.
Le mot savant est dystopie ou contre-utopie. Il invente ce monde calciné par l’industrie, où les pauvres sont parqués dans des similis ghettos loin des buildings des centres villes, où toutes les « valeurs morales » ont régressées ou disparues et où le totalitarisme exerce son pouvoir par la télévision. Un monde brutal qui fait réfléchir et bondir sur son fauteuil. Là où l’utopie fait rêver, la dystopie fait frémir et touche au moins autant le lecteur par cet effet si ce n’est plus encore.
Rapidement on entre dans un processus de « lutte » contre le système en place dans le livre, on devient soit-même un « résistant », un « opposant » tant la situation est terrible. Et au final cet effet déculpe l’immersion du lecteur dans le récit.

Au fond s’ajoute la forme.
Le livre est rédigé sans temps mort, sans pause, de plus en plus vite à l’image de la traque que va subir le héros. Il est composé de 100 chapitres plus ou moins longs, qui forment en réalité un compte à rebours jusqu’à l’épilogue. Une fois passée la phase d’effroi vis à vis du monde, le rythme du récit ne cesse de monter crescendo alors que le compte à rebours lui ne cesse de se rapprocher du 0. Il va atteindre des sommets de suspens qui ne permettront probablement pas à l’immense majorité des lecteurs de pouvoir faire de pauses dans les 5 ou 10 derniers chapitres.

Il faut enfin préciser que ce livre traitant de téléréalité a été publié en 1982. Néanmoins on a l’impression qu’il aurait pu avoir été publié hier, la différence n’aurait pas été visible du tout et l’œuvre n’aurait pas perdu une once de qualité !

En conclusion, je dirai simplement qu’il s’agit pour moi d’un livre absolument indispensable à tout lecteur. Que se soit pour la Science-Fiction, la critique contre-utopique du monde et de la société, l’immense talent d’anticipation déployé ou le style original et le rythme effréné du récit.
A chaque fois que je le relis je m’étonne de sa qualité. A lire à tout prix !
NOTE : 19/20

 

 

NB : Peut être aussi publié avec comme nom d’auteur  Richard Bachman selon l’édition

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commentaires
  1. Wolfsrain dit :

    C’est le dernier livre que j’ai lu. ^^ J’avais googlé le nom du bouquin et je suis tombée sur ton blog, au fait, haha.

    Je l’ai vraiment adoré ! Ca ne m’étonne pas vraiment car je suis très fan de King.

    Est-ce que tu as lu d’autres livres de lui ? 🙂

  2. rp1989 dit :

    J’essaierai de le lire à l’occasion, j’aime beaucoup les livres d’anticipation.
    ( Je te conseille Paris au XXe siècle de Jules Verne).
    Ta critique donne vraiment envie de le lire et il me semble que depuis longtemps, Stephen King ne se cantonne pas à l’horreur.

  3. […] Running Man, de Stephen King. Un récit d’anticipation aussi troublant qu’époustouflant (bien […]

  4. […] Stephen King car il peut avoir tantôt une écriture fluide et vive à l’extrême comme dans Running Man tantôt une écriture très complexe et descriptive comme dans La Tour Sombre. Le livre se […]

  5. […] craint par les auteurs. Je ne peux pas non plus ne pas citer un autre de mes livres préférés: Running Man, de Stephen King qui s’inspire bien sur de 1984, et même parfois fortement. Néanmoins chez […]

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