Les Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar

Publié: 21 février 2012 par bibliothriller dans Autre, Littérature
Tags:, , , , , ,

« J’ai formé le projet de te raconter ma vie. » Sur son lit de mort, l’empereur romain Hadrien (117-138) adresse une lettre au jeune Marc Aurèle dans laquelle il commence par donner « audience à ses souvenirs ». Très vite, le vagabondage d’esprit se structure, se met à suivre une chronologie, ainsi qu’une rigueur de pensée propre au grand personnage. Derrière l’esthète cultivé et fin stratège qu’était Hadrien, Marguerite Yourcenar aborde les thèmes qui lui sont chers : la mort, la dualité déroutante du corps et de l’esprit, le sacré, l’amour, l’art et le temps. À l’image de ce dernier, ce « grand sculpteur », elle taille, façonne, affine avec volupté chacun des traits intérieurs du grand homme à qui elle fait dire : « Je compte sur cet examen des faits pour me définir, me juger peut-être ou tout au moins pour me mieux connaître avant de mourir. »

Ce sont les Mémoires d’Hadrien, troisième ouvrage publié par l’auteur, qui lui vaut une réputation mondiale. Cette future académicienne (élue en 1980) signe là un roman historique, mais également poétique et philosophique, à la manière de L’Oeuvre au Noir qui obtint en 1968 le prix Femina. –Laure Anciel 

 

En janvier 2010, j’ai eu l’occasion de lire les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.

Cet ouvrage est une sorte de biographie imaginaire de l’empereur romain qui faisait parti des douze césars appelé Hadrien. Durant tout l’ouvrage, Marguerite Yourcenar nous fait voyager dans le monde antique, dans l’empire romain plus exactement: en Italie, en Gaule, en Espagne d’où cet empereur vient originellement, en Israël.etc…..Poursuivre ce bouquin c’est un peu comme rentrer dans la tête d’un homme politique de l’antiquité, de sa vie faite de batailles, de visites diplomatiques notamment…. La différence principale qu’il peut y avoir entre les hommes politiques et les empereurs romains est que ceux ci règnent plus longtemps bien entendu mais aussi Marguerite Yourcenar nous fait paraître Hadrien comme un sage, un vieil homme écrivant à un fils d’ami qui s’est suicidé, on l’apprend à la fin, qui donne dans le premier chapitre, toute sa vision de la vie, des arts, de la politique,entre autres, comme si celui-ci essayait en même temps que garder des traces, de transmettre d’une manière au moins écrite, une philosophie et un enseignement de son règne.
Comme toutes les biographies, on suit l’ascension, lorsqu’il arrive au sommet de sa gloire avec les quelques rivaux qui lui mettront des batons dans les roues, dont son beau-frère qui lui survivra par ailleurs en âge. On évoque ausi sa maladie, sa fin de vie et sa mort. Ce qu’on pourra retenir de cet empereur est sa vocation de créateur de patrimoine, de lieux de cultes et un souci de laisser une réelle trace de son règne et de celui des douze cesars, la présence de ces précédesseurs étant omniprésente . La preuve est que lorsqu’Hadrien arrive au pouvoir, contrairement à celui qu’il remplace, il effectuera peu de conquêtes et de guerres, excepté lorsqu’il n’en aura pas le choix. Hadrien est un pacifique, un amateur d’art et de religion, une personnalité très rigoureuse….
Yourcenar nous montre Hadrien comme nous avons tendance à glorifier les rois, les empereurs , voire des présidents. Leur personnalité a une effet considérable sur leur règne, leurs idées politiques évidemment, leurs relations amoureuses aussi.Leurs actes pendant qu’ils sont au pouvoir étant dans l’autre sens aussi, des preuves de leur personne, de leurs désirs, de leurs idéaux. Les hommes d’Etat deviennent des dieux que l’on glorifie autant qu’on peut ensuite les faire tomber de leur pied d’estale.
Cet empereur ne sera pas un homme à femmes, son épouse se retrouvant rapidement mise de côté tandis que son époux enchaîne les favoris, il souffrira gravement de la mort de l’un d’eux qui s’est sacrifié pour lui. La seule femme qui comptera un peu dans sa vie, sera pour lui comme une divinité, il s’agit de l’épouse du précédent empereur. Des jeunes hommes complèteront son cercle d’amis certains très jeunes pouvant être potentiellement des successeurs.
Pour résumer, ce qui m’a plu dans ce livre, ça été de pouvoir m’immerger complètement dans l’univers antique et de pouvoir me rendre compte qu’effectivement nous n’avons rien inventé, les grecs et romains ont élaboré énormement de choses avant nous autant sur le plan artistique que politique qu’architectural.
Elle nous fait réfléchir aussi sur l’idée qu’il y a toujours eu un peuple « dominant », conquérant, un groupe d’hommes, plus puissants prenant la place d’un autre . C’est un cercle sans fin et il y a toujours le problème de la culture du peuple dominant et son identité initiale qui se bagarrent, comme c’est encore le cas avec la France et les Etats-Unis par exemple ou la France et l’immigration.
De plus; hormis un petit intermède moralisateur, j’ai trouvé peu de « messages cachés » de l’auteur, même si j’ai tout à fait conscience qu’elle parle à la place d’Hadrien, que c’est sa présentation subjective de l’empereur.

Note:16/20

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s