Django Unchained, de Quentin Tarantino

Publié: 26 janvier 2013 par maedhros909 dans Cinéma, Western
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Western by Tarantino

Western by Tarantino


Django Unchained
, de Quentin Tarantino (sorti le 16/01/2013)
Avec : Jamie Foxx, Christoph Waltz, Léonardo DiCaprio, Samuel L. Jackson, Kerry Washington
Durée : 2 heures 44

Résumé :
(Résumé Allociné)
Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…
Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…


Histoire / Scénario / Script :

Les Plus :
– Ôh merveilleux scénario que celui de Django Unchained. Comme dans la plupart de ses films Tarantino est à la fois simple, complexe et efficace. Derrière une histoire simple se cache un certains nombres de références (Siegfried!), de clins d’œil, d’anachronismes volontaires etc etc etc.
– Comme toujours des dialogues à couper aux couteaux, des longues tirades, des « blagues », des sous-entendus, des mots qui prennent tout l’écran, des mini-saynètes humoristiques en complet décalage avec le sérieux de l’Histoire (dont l’intro et une à propos de sacs particulièrement réussies). Rien à ajouter.
– Tarantino se veut bien plus critique dans Django qu’à son habitude. Pourquoi a t’il voulu prendre position sur l’esclavage dans son pays au 19e siècle, je ne saurai dire mais quoi qu’il en soit il le fait bien et avec son style a la fois dure et sanglant mais également drôle et décalé.

Les Moins :
– Au final une « simple » histoire d’amour et de vengeance dans un Western. Peut-être quelques rebondissement d’intrigues ou de questionnement comme dans certains autres de ses films (et pas juste se faire démasquer par le proprio) auraient été bienvenue.
– Une dernière partie un peu longuette qui aurait peut-être mérité d’être raccourci ou du moins tournée différemment afin de ne pas perdre le rythme de se « Crescendo/Massacre » final si caractéristique de Tarantino.
– Je sais que cela est fait exprès et tout mais le mot « neger » est quand même abusivement utilisé. Bien sur utiliser le mot « black » aurait été inutile vu le peu de connotation raciste qu’il a pour un anglophone contrairement à « noir » pour un francophone. Du reste j’ignore si dans la VF il est traduis par « noir » ou par « nègre » tout le temps, car le français aime moins la répétition.
Quoiqu’il en soit la volonté de Tarantino de dénoncer l’esclavage en en montrant sa violence (non je ne fais pas parti de ceux qui pensent qui prônent l’esclavage) ne justifie pas forcément l’emploi du terme cent fois dans le film, quelques fois bien placés, bien dictés avec de lourds sous-entendus sur le mot laissés par celui qui le prononce aurait certainement eu le même effet.

Réalisation / Rendu visuel / Effets spéciaux :
Les Plus :
– Tarantino reste fidèle à lui-même livrant des plans d’anthologies parfois un peu douteux (à base de pieds, normal) mais rendant et collant parfaitement à son propos.
– Seule différence avec la plupart de ses films (Inglorious Basterds un peu moins), il utilise à très bonne escient (enfin) les décors naturels et en pleines airs, reprenant ainsi les codes des Western classiques et donnant au spectateurs de très beaux paysages (même si parfois un peu utilisés à contre emploi, normal).

Les Moins :
– J’ai personnellement trouvé les décors intérieurs légèrement en deçà du reste, même si je ne saurai pas exactement dire pourquoi ils m’ont semblé un peu trop simples, trop « décors studios ».
– Jamais ils rechargent ? Ils connaissent pas les cartouchières ? (dixit un des derniers dialogues: « tu as tiré 6 coups » … heuuu et alors ? t’es boiteux faut pas longtemps pour recharger un six coups et tirer… et bah non un deuxième gun c’est plus fun! -et plus lourd aussi-).
Et plus ça peut être beau et intense un rechargement d’arme en plein milieu d’un combat, cela peut même ajouter du suspens comme dans le combat final de « The Patriot » par exemple. Alors pourquoi s’en priver ?


Acteurs / Personnages :
Les Plus :
– Déjà mythique dans Inglorious Basterds, Christoph Waltz continue de briller par son interprétation. Son personnage est parfait dans bout à l’autre, à la fois violent et sensible, poli et cynique, cultivé et bon tireur, il est le mentor idéal pour un western spaghetti. Waltz vole presque la vedette à Foxx, Dicaprio et Jackson tant il est brillant par son jeu, sa gestion des langues (encore une fois) et son charisme immense.
– Même si bien moins abouti que Schultz, Django reste un personnage intéressant par son évolution au cours du film. La violence d’abord refoulée puis exploitée, la vengeance contenue puis libérée et son infaillible amour pour sa femme. Candie campé par DiCaprio est assez banal et prévisible, néanmoins DiCaprio le joue à la perfection, d’autant qu’il a rarement des rôles de méchants. Il confirme une nouvelle fois que le Titanic a coulé depuis bien longtemps et qu’il a bien muri !
– Samuel L. Jackson a souvent eu des rôles à la fois secondaires (Pulp Fiction excepté) et très poignant dans les films de Tarantino. Son personnage de vieil esclave bien placé, manipulateur et un peu pervers ne fait pas exception à la règle. Qu’il meurt en dernier révèle son importance clé dans l’intrigue du film même si il n’en est pas le protagoniste principal.

Les Moins :
– Où sont les femmes ?
Tous plus inutiles les uns que les autres, les personnages féminin sont clairement sous-exploités, ce qui est un comble pour Tarantino qui a pourtant bien souvent (à part Reservoir Dogs) des personnages féminins en premier plan (Pulp Fiction, Boulevard de la mort, Jackie Brown, Kill Bill et même Inglorious Basterds). La femme de Django n’est là que pour être sauvée (et encore elle se fait remarquer) et l’autre personnage féminin qui n’est pas une figurante/servante/esclave/fille de joie, à savoir la soeur de Candie ne sert juste qu’à détendre l’atmosphère en mourant. Est-ce à cause du style « Western » ? De la thématique de l’esclavage ? Pourquoi ne pouvait-il pas y avoir une fille qui tire plus vite que son ombre elle aussi ? Pas de réponse à ces questions mais le constat est là. Autant dans Le Hobbit c’était parce que dans le livre il n’y en a pas, autant là c’est moins facile à expliquer.

Bande Originale / Bruitages :
Les Plus :
– Alors là, Tarantino (comme souvent) étale sa culture musicale et envoie tout ce qu’il a de mieux comme BO potentielle au visage du spectateur. Intense, rythmée, artistique, en décalage, la bande son du Film est en soi une mini-oeuvre d’art.
– La présence appréciée du thème d’introduction de « Battle Royale » clin d’œil à l’influence du cinéma asiatique pour Tarantino.

Les Moins :
Non rien à dire de négatif. Le Cri Wilhelm un peu visible même bon en même temps c’est normal.


Debrief du film :
Et bien voilà on y est le dernier Tarantino est là. Et il est plutôt de très bonne facture. Malgré un crescendo final brisé par un choix scénaristique de massacre/capture/libération/re-massacre, le film tient toutes ses promesses. Histoire de western « classique » mais réalisée avec brio et originalité, acteurs fantastiques, dialogues magiques, humour simple et décalé, thématique profonde et recherchée, bande sonore extraordinaire et décors à couper le souffle, Django Unchained est un grand Tarantino malgré la polémique autour de sa signification vis à vis de l’esclavage et quelques défauts présents dans le scénario.
A voir avec un bon six coups!
Note : 15/20

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commentaires
  1. rp1989 dit :

    D’accord avec toi! Le film est excellent mais la violence parfois abusive et certaines scènes inutiles auraient du être réfléchies. Je suis plus nuancée sur Samuel L.Jackson, son rôle est très important et intéressant mais je n’ai pas été convaincu plus que ça par son interprétation.

  2. […] et à la musique très intéressant et avec un DiCaprio brillant en gentleman des années 20. – Django Unchained : Quoique moins bon que son précédent film, Tarantino montre que l’on peut toujours compter […]

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