Le Silmarillion, de J.R.R. Tolkien

Publié: 22 mars 2013 par maedhros909 dans Fantasy, Littérature
Tags:, , ,
*Une couverture épique pour un livre épique !*

Une couverture épique pour un livre épique ! (dommage car ce n’est pas dans le Silmarillion cette « scène »)

 

 

Les Premiers jours du Monde étaient à peine passés quand Fëanor, le plus doué des elfes, créa les trois Silmarils. Ces bijoux renfermaient la Lumière des Deux Arbres de Valinor. 

Morgoth, le premier Prince de la Nuit, était encore sur la Terre du Milieu, et il fut fâché d’apprendre que la Lumière allait se perpétuer. Alors il enleva les Silmarils, les fit sertir dans son diadème et garder dans la forteresse d’Angband. 

Les elfes prirent les armes pour reprendre les joyaux et ce fut la première de toutes les guerres. Longtemps, longtemps après, lors de la Guerre de l’Anneau, Elrond et Galadriel en parlaient encore.

 

 

J’ai toujours cherché à décrire Le Silmarillion, de MONSIEUR Tolkien à des néophytes du genre, ou même à des initiés qui liraient déjà de la Fantasy ou même qui aurait lu Le Seigneur des Anneaux ou Bilbon le Hobbit. Je serai d’ailleurs obliger de parler un peu de ces autres oeuvres pour expliquer certaines choses et comparer. Je parlerai également d’un autre livre dont je ferai le commentaire à une date ultérieure, Les Enfants de Hurin.
Je commence donc ce commentaire qui sera probablement assez long (car je vous le dis d’office il s’agit d’un de mes livres préférés) en essayant de définir ce qu’est « Le Silmarillion ». Après plusieurs dizaines d’essais oraux sur des gens bien différents et de multiples heures de débat entre amis dessus, je pense être à même de pouvoir expliquer quelques petites choses qui me semblent cohérentes (je n’ai pas la science infuse après il faut s’adresser aux fils Tolkien).
En une phrase donc avant que je détaille: Le Silmarillion est au Seigneur des Anneaux ce que serait l’ensemble de la mythologie grecque à l’Odyssée. Ce qui explique sa complexité mais j’y reviendrai.

Pour commencer il faut remonter dans le temps et dans l’esprit de Tolkien à l’époque où il commença à créer son univers.
Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser (et d’autant plus depuis les adaptations cinématographiques), l’univers de Tolkien n’est pas (que) La Terre du Milieu où se situe l’action de ses deux oeuvres principales Bilbon le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux. Bien sur cette région de son univers est de loin la plus développée car Tolkien l’a approfondie et enrichie longuement  dans sa logique de création (plus les cartes et les infos imaginées par son fils pendant l’écriture).
Tolkien avait deux objectifs bien distincts quand il commença à créer « Le Silmarillion », car oui c’est bien par cela qu’il commença. Son premier était de créer une équivalence britannique à la mythologie Arthurienne européenne car il a toujours considérer que son pays si riche culturellement avait dans ce domaine là, celui de la « Fantasy » (bien que ce terme n’existait pas encore) un immense vide. Son deuxième était que cet univers nouveau ait l’air authentique autant que l’on peut s’imaginer le Roi Arthur dans les forêts d’Angleterre. Sans avoir l’ambiguité de cette légende Arthurienne qui repose sur des lointains fondements historiques et qui du coup nous semble très réaliste, il désirait approfondir suffisamment de détails pour que cela soit crédible.

Néanmoins sa formation professionnellement et son immense talent de linguiste déformèrent probablement légèrement ces deux objectifs. Pour répondre au premier, il s’inspira à la fois d’Arthur mais aussi de nombreux contes et légendes classiques scandinaves, nordiques (en particuliers pour le bestiaire) mais également de la mythologie grecque. Ce qui doit être un monde authentique commence par être une « Histoire » (avec un « H » majuscule) crédible. Ce qui définira bien plus tard le Silmarillion nait dans les tranchées françaises au cours de la grande guerre et constitue des pages et des pages et des pages d’Histoire (et d’histoires) mythologique. A l’instar de la mythologie grecque les thèmes abordés sont nombreux, efficaces et les personnages, dieux, créatures etc sont légions. Se laissant entrainer par sa création, il a du se rendre compte de la taille gigantesque qu’avait pris son oeuvre et entreprit de créer des nouveaux langages afin certainement de maintenir une cohérence au récit, d’augmenter l’ambiguité et de mieux orienter ses noms propres (car la quasi totalité des noms propres de Tolkien ont leur signification dans une de ses trois langues). Il trouvait ses langages au moins aussi intéressants si ce n’est plus que les récits en eux-mêmes.

*L'univers de Tolkien : Arda (La Terre du Milieu est au milieu de la partie droite du monde)*

L’univers de Tolkien : Arda (La Terre du Milieu est au milieu de la partie droite du monde)

A la suite de cela, il s’attaqua à Bilbon le Hobbit puis au Seigneur des Anneaux. Ces deux travaux aux deux styles similaires, bien que très différents tant par la forme littéraire que par les thèmes abordés dans l’intrigue, ont créer la Terre du Milieu telle que la connaissent les fans aujourd’hui. Sa carte précise, ses peuples, animaux, végétaux etc tout a été pensé, créé, calculé et toujours avec comme base son idée de grande création et ses langues inventées (Le Sindarin et le Quenya pour les langages elfiques et la langue des nains dont j’ignore ou ait oublié le nom). Ses oeuvres ont eu rapidement le succès que l’on connait, bien que les films et produits dérivés les aient un peu éclipsés de nos jours au grand dam des fils Tolkien.
Mais pour Tolkien ce n’était pas suffisant. Au cours de l’écriture de ces livres et bien après encore, Tolkien n’a cessé d’ajouter encore et encore et encore des morceaux, des pièces d’un puzzle titanesque concernant la mythologie et tout ce qui se passe dans son univers (et pas que en Terre du Milieu) avant Le Seigneur des Anneaux. Si certaines périodes sont parfois évoquées et narrées dans Le Seigneur des Anneaux comme la deuxième moitié du Second Age car ayant un impact direct sur l’histoire de l’anneau unique, beaucoup informations ne sont que citées voire même sous-entendus. C’est en constatant que vous n’aviez pas compris certaines phrases du Seigneur des Anneaux (ou à quoi elles faisaient références) avant d’avoir assimilé Le Silmarillion que vous réaliserez quel génie était Tolkien (et du même coup réaliserait son rêve car vous serez enfin perdu dans l’authenticité de son monde). Tous ces sous-entendus, ces références à sa mythologie ne sont pas indispensables au Seigneur des Anneaux mais pour Tolkien cette trilogie ne représentait que le sommet d’un iceberg, la seule période/histoire finalisée de son monde en constante création.
(Exemple : Dans le Seigneur des Anneaux, Aragorn parle de « Beren et Luthien », et bien que l’on comprenne globalement seul le Silmarillion pour l’instant développe cette histoire et nous la rend claire)

Après la mort de l’auteur, son fils Christopher a entrepris le travail qui sera celui de toute sa vie et probablement celle d’autres personnes par la suite, déchiffrer les manuscrits de son père, les regrouper, les assembler et combler les vides si cela est possible.
La première oeuvre a être sortie de ce travail de fouille et de recoupement est donc Le Silmarillion. Véritable condensé de 10 000ans d’histoires mythologiques, il regroupe toutes les informations essentielles à la compréhension de la plupart des sous-entendus et références contenus dans les deux oeuvres majeures de Tolkien.
Et c’est à ce moment précis LA, MAINTENANT, que les lecteurs se divisent en plusieurs catégories. Il y a ceux qui verront le génie chez Tolkien et voudront tout assimiler mais finiront par abandonner devant l’ampleur de la tâche. Il y a ceux qui abandonneront d’office en quelques lignes car cela ne ressemble en rien au Seigneur des Anneaux ou même préféreront ne pas essayer sachant ce qui s’y trouve. Enfin il y a les grands fans, ceux qui liront 4-5-6 fois l’ouvrage avant d’en saisir l’essence et de se rappeler de quelques histoires.
De part la quantité d’information qu’il renferme et la complexité qui en découle, Le Silmarillion est le seul ouvrage qui obligera le lecteur à consulter régulièrement le lexique des noms de personnage qui fait 1/4 du livre à lui tout seul. Le seul également qu’il faut relire plusieurs fois avant de l’apprécier. Aujourd’hui sont sortis de nombreux livres comme l’Encyclopédie Illustrée ou des sites internet comme Tolkiendil qui vous seront grandement utiles si vous le lisez.
Si vous l’appréciez ou finissez par l’apprécier, lire un chapitre du Silmarillion sera comme se plonger dans un univers dans l’univers, comme commencer une recherche documentaire sur ces personnages là, sur l’état du monde à cette époque etc etc. vous vous perdrez dans cette histoire précise avant de passer au chapitre et tout recommencer ou presque. Tolkien aura réussi sa mission.

L’oeuvre de Tolkien n’est toujours pas morte cependant, car ses héritiers ont toujours beaucoup de travail. Au fil des ans et de leurs recherches il est à prévoir que sortent encore à titre Posthume d’autres oeuvres de Tolkien issus des manuscrits.
Le premier de ces livres a avoir vu le jour est : Les enfants de Hurin. Celui-ci se passe « au cours du » Silmarillion et transforme un chapitre de celui-ci en un livre entier (Comprenez donc qu’une de ces histoires indépendantes du Silmarillion condensée en quelques dizaines lignes est ici développé, sans être différente, en un livre entier). On y voit un laps de temps cours (deux générations d’hommes), les évènements de l’époque etc.
Potentiellement presque tous les chapitres du Silmarillion peuvent ainsi devenir un ou plusieurs ouvrages à part entière pour peu qu’on retrouve et rassemble suffisamment de manuscrits de Tolkien sur ce sujet. Voici vraiment le sens du Silmarillion. La profondeur de ce livre réside dans sa structure en réalité proche du recueil de nouvelles mais toutes concernant plus ou moins le même sujet et ayant le même but : celui de rendre l’univers de Tolkien authentique, réaliste par son immensité et sa précision tant historique ou linguistique, que social.

Un bien beau livre

Un bien beau livre

En bref, Le Silmarillion est un hyper-condensé d’un nombre multiple d’histoires correspondant à la mythologie, à l’univers du Seigneur des Anneaux. Extrêmement difficile à lire, il prend son rôle qu’une fois le style d’écriture, ignorée l’histoire maitrisée. L’histoire qu’il raconte est extrêmement profonde, souvent merveilleuse et épique, et s’inspire d’une certaine façon de la mythologie grecque. Peut-être verra t’on un jour un Quenta Silmarillion regroupant des récits complets comme celui des Enfants de Hurin. Assurant plus aisé à lire car moins complexe une telle oeuvre constituerait probablement plusieurs milliers de page, comme une petite encyclopédie.

Note : 19/20

Publicités
commentaires
  1. rp1989 dit :

    C’est intéressant que tu aies écrit l’historique de la création des différents ouvrages de Tolkien.
    La comparaison avec la mythologie grecque rend « Le similarillion » assez attirant.
    Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris dans ce que tu écris sur ce livre. Mais je relirai à l’occasion cet article et peut-être lirais-je l’ouvrage ensuite. Merci pour l’article! Personnellement, je crois aimer plus la littérature fantasy que les films « fantasy ».

  2. […] Silmarillion, de JRR Tolkien. Je ne vais pas m’étendre trop car j’en ai déjà parlé ici. Il correspond à une « mythologie » fictive dans l’univers de Tolkien […]

  3. […] noms de ces stations en rebutent certains dans leur lecture. Un peu comme le lexique des noms du Silmarillion même si l’effet est bien moindre dans Métro 2033 que chez Tolkien. Dans le même ordre […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s