World War Z, de Max Brooks

Publié: 20 août 2013 par maedhros909 dans Autre, Fantastique, Littérature
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Un sous-titre pour le moins intriguant pour un roman.

Un sous-titre pour le moins intriguant pour un roman sur les zombies.

La guerre des zombies a eu lieu, manquant éradiquer l’ensemble de l’humanité.
L’auteur, en mission pour l’ONU et poussé par l’urgence de devoir préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, dans les cités en ruine qui jadis abritaient des millions d’âmes jusqu’aux coins les plus inhospitaliers de la planète.
Il a recueilli les paroles d’hommes, de femmes, parfois d’enfants, ayant dû faire face à l’horreur ultime. 
Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau Dachang, en Chine, là où l’épidémie a débuté avec un patient zéro de 12 ans, jusqu’aux forêts du Nord des Etats-Unis, cette chronique des années de guerre reflète sans faux semblants la réalité de l’épidémie.
Par-dessus tout, cet ouvrage a su retranscrire au plus près la dimension humaine, parfois pathétique, de cet événement sans précédent. Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur.
Mais l’effort en vaut la peine, car pour paraphraser l’auteur : « En excluant le facteur humain, ne risque-t-on pas de prendre trop de recul par rapport à une histoire qui pourrait un jour — Dieu nous en garde — se répéter ? Et, au final, n’est-ce précisément pas le facteur humain qui nous différencie de cet ennemi que nous appelons “mort-vivant” ? »

 

Avant toute chose, je vais être clair: Ici je tacherai de parler le moins possible du film éponyme, que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir, si ce n’est pour dire dans un petit paragraphe plus loin que, rien qu’en voyant la bande-annonce, et sans trop prendre de risques (puisque cela semblera évident je pense), je peux affirmer que le film n’a ABSOLUMENT rien à voir avec le livre si ce n’est le nom bien sur. Évidemment le film du coup ne m’attire que peu, surtout que les zombies qui courent etc j’en ai un peu marre (merci les « fabuleux » Resident Evil 5 et surtout le 6 et même un peu Dead Island). Mais je tacherai d’oublier le titre du film si je le vois et penser qu’il n’est qu’un film de zombie lambda (ce qui risque d’être tout aussi violent au final).
J’aimerai vraiment revenir à de vrais zombies comme par exemple dans le film « l’Armée des morts » de Snyder et pleins d’autres encore.
Pitié gens Hollywood! Ne faites pas de ces zombies qui courent la nouvelle « norme » de zombies comme ces pauvres vampires devenus obligatoirement « humanistes » et brillants pour beaucoup de gens! Et je ne parle même pas des zombies qui redeviennent humain en tombant amoureux… Ah la beat-lit… originale, souvent drôle, parfois même de bonnes qualité, mais tellement dangereuse pour la nouvelle génération qui ne se basera plus que sur Twilight pour parler de vampires…
De plus une marée de zombies qui courent au lieu de se trainer signifie aussi que le réalisateur (ou le créateur du jeu c’est selon) n’utilise pas la « peur », plus complexe à mettre en œuvre (surtout avec des zombies vus et revus) et préfère mettre à la place une très grande quantité de zombies très mobiles (et/ou armés et/ou super gros) beaucoup plus facile à rendre « impressionnant » (éventuellement avec quelques jump scare, histoire de dire). Du même coup, bien sur, il vise également un plus large public en remplaçant la « l’effroi » réel par quelque chose de « juste » impressionnant, ce qui, il l’espère, remplira son porte-monnaie!

Bref je m’égare sur ma critique générale de beat-lit et du traitement des zombies dans le monde vidéo-ludique récent… Revenons à l’ouvrage de Max Brooks !
Le principe de l’ouvrage est qu’il s’agit d’un recueil d’interviews fictives de personnages ayant vécu de différentes manières la Guerre contre les zombies (qui vient juste de s’achever) et ce à différentes étapes du conflit. Cette guerre Z fut mondiale et a été progressive, d’abord des rumeurs, puis des premières quarantaines et combats, des grandes défaites et une panique mondiale et enfin une contre-offensive victorieuse et couteuse de l’humanité.
C’est ici donc que je vais parler pour la dernière fois du film qui ne semble tourner que autour d’un seul et unique personnage américain de type « cliché moyen du père de famille devenant un super-héros » … alors que les États-Unis concernent 1/10 du bouquin comme chaque grande nation du monde! (pas beaucoup d’Europe quand même, un oubli de l’auteur?). On perd donc probablement rien qu’avec cette vision unique des choses à l’américaine la quasi-totalité de la saveur hétéro-culturelle de l’ouvrage!
De plus l’intérêt qu’apporte l’auteur à son ouvrage est de parler de toutes ces phases du conflit, quelles décisions humaines, politiques ou médiatiques ont menés à quels résultats positifs ou négatifs, quelles nations ont les mieux réagis (j’y reviendrai) alors que le film lui ne semble tourner qu’autour de la panique et de la fuite à grand spectacle, en tout cas c’est l’impression qu’il donne.

Cette forme littéraire « de suite d’interviews » (classées du reste selon leur place dans l’ordre chronologique du conflit pour la compréhension) fait de ce livre un véritable OVNI. Chaque paragraphe se situe dans un lieu bien distinct du monde. Il s’y est tourné une page de la guerre contre les zombies ou une personnalité importante s’y est retirée. L’auteur, comme un journaliste pourrait le faire, nous replace systématiquement le contexte ou l’histoire du personnage au début et/ou à la fin de ses interviews avec de petits paragraphes en gras. Il met également de la même façon ses propres questions et les éventuelles informations intéressantes concernant son interlocuteur pendant son entretien, sa façon de réagir par exemple.
Tout ceci est pour le moins inhabituel, voire complétement inédit lors de la sortie du livre de Brooks. Au même titre que le Guide de survie parrassait réelle dans son détails, le style de World War Z laisse vraiment penser au lecteur que la guerre a bel et bien eu lieu. Le réalisme du style d’écriture mais également de la confession parfois choquante (sans pour autant être sanglante) des intervenants rendent le livre complétement réaliste bien que l’on parle là de zombies ! Car au final une grosse partie du livre repose sur (comme je l’ai suggéré juste au dessus) les réactions humaines face aux zombies, quelles mesures ont été prises, quelles nations s’en sortent le mieux, quels « héros » de guerre ont marqué cette histoire, quels prix ont du être payés ! On pourrait presque ranger cela dans l’Uchronie si cela s’était produis dans notre passé et avait modifié notre présent. Néanmoins si cela avait été le cas nous aurions probablement perdu également une part du réalisme de l’œuvre qui vient également de sa contemporanéité. On peut également presque dire qu’il s’agit d’un essai sociologique proposant des éventualités, « ce qui pourrait se passer », en cas de cataclysme.

A noter que pour l’instant à ma connaissance, à par Brooks lui-même dans le Guide de survie en territoire zombie, aucun film, jeux, livres, séries que j’ai vu sur les zombies ne traitent des différentes « phases » d’une invasion de zombies. Cela passe généralement par une cascade scénaristique (un blanc « inquiétant » sur cette évènement soudain, un coma, un virus, une explication biblique etc) de « Tout va bien » à « Fin du monde ».
On attend pas ou très peu parler des phases de « premiers signes/rumeurs », puis « premières villes et villages touchés » etc ; un peu plus des phases de « panique générale » mais même là ce n’est tout de même fréquent. Dans World War Z toutes ces phases sont expliqués et racontés de part le monde via les différents intervenants et ce traitement point par point, détaillé, précis, quasiment analysé des évènements n’est pas sans rappeler la forme du Guide de survie et c’est ce qui rend ce livre si original et si puissant! Encore une fois, au même titre que l’on pourrait croire le Guide réel (comme n’importe quel autres guides) tant il est précis et détaillé, World War Z semble plus vrai que nature, journalistique et sonne comme un vrai livre sur un quelconque évènement important de notre histoire.

A lire de toute urgence ! (Avant qu’une épidémie de zombies ne vous laisse plus le temps pour cette distraction!)
Note
: 18/20

PS : Il fut assez difficile en fin de compte de ne pas comparer avec d’autres choses tant les zombies sont populaires, mais le tout aura eu pour objectif de commenter les avantages et singularités de l’ouvrage de Max Brooks par sa forme journalistique et son fond quasi « géo-politique » précis, détaillé et original.

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commentaires
  1. rp1989 dit :

    C’est agréable de voir qu’il y a des livres qui vont dans le réalisme et sont bien écrits.
    J’ai lu de la bit lit, une série appelée zombie thérapie puis zombie business (ce tome là je ne l’ai pas encore lu), ça me semble écrit d’un point de vue féminin mais pas trop mal écrit tout de même, le premier parle d’une invasion de zombies et de ses conséquences immédiates et plus sur le long terme.

  2. […] un très bon travail de réflexion sur ce genre "nouveau" qu’est le SteamPunk. – Word War Z, de Max Brooks : A des années-lumières et plus encore du film d’action éponyme ultra […]

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