Le Secret de Ji, de Pierre Grimbert

Publié: 9 septembre 2013 par maedhros909 dans Fantasy, Littérature
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Une des belles couvertures que l'on peut trouver pour l'ouvrage.

Une des belles couvertures que l’on peut trouver pour l’ouvrage.

 

Nol, le prophète, demanda un jour à tous les royaumes de dépêcher leurs plus sages représentants pour un mystérieux voyage vers l’île de Ji. Les quelques chanceux qui en revinrent ne parlèrent jamais de ce qu’ils virent.

Ainsi la tragique histoire sombra peu à peu dans l’oubli, seulement commémorée par les descendants des Élus…
Mais aujourd’hui, les fanatiques de la secte Züu ont décidé d’éliminer ces derniers l’un après l’autre. Pour survivre et découvrir qui a commandité les Züu, les six survivants du massacre doivent revenir à la source de tous ces mystères : que s’est-il passé sur l’île de Ji, cent dix-huit ans auparavant ?

 

 

Je commence par un point petit mais important de mon commentaire sur Le Secret de Ji (du reste, en cinq, deux ou même un seul volume selon les éditions). Je ne parlerai ici que du « Secret de Ji » et en aucun cas de ces suites les « Enfants de Ji » et les « Gardiens de Ji » pour deux raisons essentielles. D’abord je trouve que ces suites sont à la fois différentes et beaucoup trop semblables au livre princeps. Ensuite et en conséquence de ma raison précédente, si j’en parlais je serai beaucoup plus critique car je les trouve bien trop redondantes avec Le Secret de Ji et d’une qualité fortement amoindrie (en tout cas pour les « Enfants de Ji » car je n’ai pas encore trouvé le courage de lire les Gardiens).

Pierre Grimbert donc, est considéré par beaucoup de gens comme un des plus grands (et des rares) auteurs de Fantasy français et ils auront raison ! Néanmoins il est souvent comparé à Tolkien ou Eddings, par faciliter je suppose car ces deux auteurs sont parmi les plus connus pour la Fantasy (du moins c’est la comparaison qui est faite à la fin de la 4e de couverture de mon livre). Personnellement je le comparerai plus à Tad Williams (dans l’Arcane des Épées car il a aussi fait de la SF) qu’à Tolkien…
Je m’explique. Davids Eddings et encore plus Tolkien sont des pionniers de la Fantasy, leur style d’écriture est dense, très évolué, très descriptif et leur monde infiniment riche, inventif et immense. Grimbert comme Williams et beaucoup d’autres ont un univers évolué et assez vaste sans être pour autant immense que les précédents et ne pouvant pas donner lieu à des guides, des dictionnaires ou autres pour aider à en saisir tout l’étendu comme pour Tolkien par exemple. Le style de Grimbert est extrêmement fluide, presque autant que Gemmell, et peut-être plus que Williams. De plus, Grimbert est peu proche de Gemmell car celui-ci dernier est plutôt facile à lire grâce à l’action omniprésente dans ces histoires alors que Grimbert est « fluides » alors que pas mal de temps les héros ne font pas grand choses. Le fait est que l’histoire, l’intrigue omniprésente et surtout la recherche désespérée d’informations par les Héritiers de Ji comble la totalité des temps et ponctue l’histoire. L’absence totale de réelle chapitrage nous libère également de l’éternel dilemme du lecteur passionné d’arrêter sa lecture pendant un chapitre ou bien de le finir quand même ! (sauf que du coup on avale très vite les pages). En bref, je pense que son style est novateur, intéressant et extrêmement accessible mais devrait tout de même être plus abouti comme celui de Williams qui est tout de même bien meilleur en Heroic Fantasy moderne post-Tolkien/Eddings.

J’en viens à l’histoire maintenant. Comme je viens d’en parler je commencerai par là et par ce qui est du même coup la force principale du roman : l’intrigue ! Oui il s’agit bel et bien d’Heroic Fantasy, il y a quelques monstres, de la magie et même des divinités et des étranges portes sacrées. Mais l’intrigue ne débute pas là, l’histoire commence par une chasse à l’homme, une enquête et une quête de survie. On nous raconte comment ces quelques survivants se regroupent, apprennent à vivre ensemble, s’entraident, s’entrainent mutuellement, découvrent leurs talents cachés et bien sur tente de survivre tout en essayant de comprendre qui est leur ennemi et pourquoi veut-il les faire assassiner. C’est ce choc initial assez inhabituel pour de la Fantasy qui fait la qualité de l’œuvre et qui conduit certainement les gens à comparer avec La Communauté de l’Anneau où les Hobbits sont rapidement pourchassés par les Nazgüls. Mais contrairement à Tolkien, Grimbert traite les choses moins « tragiquement » (le monde n’est pas en jeu, du moins au début) et avec son style clair et beaucoup moins descriptif peut facilement être lu même lors des « temps morts » où les aventuriers campent, contrairement à Tolkien où ces passages peuvent poser problèmes à beaucoup de lecteurs qui ne supporteront pas le choc de la description extrême. Dans la Malerune, l’autre grande saga Fantasy de Grimbert que j’ai lu (et de très bonne qualité, peut-être même au dessus) est rapidement plus épique encore, mais j’en parlerai une autre fois.
Par contre on n’échappe pas à quelques clichés du genre, surtout au niveau des relations amoureuses entre certains personnages et quelques rebondissement scénaristiques prévisibles et ce malgré une bonne intrigue et des personnages a la personnalité et la psychologie plutôt travaillé et recherché (il y a peu de personnages secondaires importants ce qui aide aussi).

En bref donc, avec le Secret de Ji Pierre Grimbert ne révolutionne pas l’Heroic Fantasy mais en reprend les bases, les utilise, les métabolise et rend le tout très accessible. De plus il apporte tout de même une intrigue plutôt originale et quelques bons « concepts » liés à la magie ou aux divinités et à également le mérite d’être français (et traduis en anglais) nous épargnant toute incompréhension de traduction et ce qui pour ce genre littéraire est suffisamment rare pour être mis en avant ! A lire et poursuivre avec la Malerune avant de passer à Tad Williams et son cycle « L’arcane des Épées » porte étendard de la nouvelle génération d’Heroic Fantasy avec Fest et Salvatore (entre autre).
Note: 16,5/20

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commentaires
  1. rp1989 dit :

    Je trouve que déjà si tu avales les pages, c’est que le livre est efficace et c’est déjà bien.
    Est-ce vrai qu’il n’y a en définitive que peu d’action?

    • maedhros909 dit :

      Il y en a mais c’est très étalé car même si cela change un peu au cours du livre, les personnages ne sont pas spécialement des « héros » comme dans Gemmell par exemple et évite la plupart du temps le combat.

  2. […] fantastique de la Malerune ! Ce livre que jadis j’avais lu quelques temps après Le Secret de Ji, du même auteur, m’a tout de suite plu, et me plait toujours aujourd’hui c’est […]

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