Les Séances Oubliées (Volume 3)

Publié: 16 janvier 2014 par maedhros909 dans Cinéma
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Anonymous roland emmerichAnonymous, de Roland Emmerich (2012)
En Angleterre, sous le règne d’Elizabeth Ire, le comte d’Oxford, Edward de Vere, propose à un comédien, Ben Jonson, d’endosser la paternité d’une pièce qu’il a écrite. Jonson n’est pas intéressé mais un des membres les plus médiocres de sa troupe, bientôt renommé William Shakespeare, reprend le projet au vol. La pièce, merveilleusement écrite, remporte un grand succès. Les spectateurs avertis y voient clairement une attaque en règle contre le secrétaire d’Etat de la reine, un vieillard, William Cecil. L’opposition entre le comte d’Oxford et William Cecil remonte à l’enfance du comte. William était son tuteur et le préparait à devenir un homme politique écouté.

J’ai souvent une certaine attirance pour les biopics qu’on connaisse ou non les personnages publics impliqués et ce film ne déroge pas à la règle !
Inspiré par la plus grande et la dernière théorie (réelle) concernant les écrits de Shakespeare, le film contant l’histoire et la vie d’Edward de Vere est un réel plaisir à voir, une petit bijou à l’anglaise. Roland Emmerich plutôt accoutumé à détruire le monde et la maison blanche réalise un excellent film, prenant, rempli d’intrigues politique bien ficelées et aux décors et au réalisme étonnant. Les décors et les costumes sont sublimes et tout le film semble vraiment bien préparé et l’équipe devait être très documentée sur l’époque. Il fait preuve de quelques flashback malheureux brouillant parfois -surtout au début- un peu la narration mais on finit par s’y retrouver et la vie passée de De Vere sert à merveille l’intrigue présente du film. Il est très appréciable également de découvrir ou redécouvrir les débuts du théâtre, son développement et son implication dans la politique, tous ses thèmes étant bien traités. Les acteurs présents sont tous plus brillants les uns que les autres! Rhys Ifans injustement méconnu est impressionnant, Jamie Campbell Bower aussi vu dans Sweeney Todd est impeccable, David Thewlis (Harry Potter) y est méconnaissable, quant à la reine elle est parfaitement interprété tantôt par Vanessa Redgrave tantôt par Joely Richardson que l’on a forcément déjà croisé quelque part.
En bref vibrant, brillant, étonnant, une excellente surprise et un excellent film !
Note: 17,5/20 

 

Carrie-la-vengenceCarrie La Revanche, de Kimberly Peirce (2013)
Timide et surprotégée par sa mère très pieuse, Carrie est une lycéenne rejetée par ses camarades. Le soir du bal de fin d’année, elle subit une sale blague de trop. Carrie déchaîne alors de terrifiants pouvoirs surnaturels auxquels personne n’échappera…

Un remake du film de Brian de Palma Carrie au bal du diable, et une nouvelle adaptation du best-seller qui a catapulté la carrière de Stephen King à sa parution était largement attendue au tournant et pour cause, car malheureusement il ne se montre pas très convaincant.
Le film n’est pas mauvais et suit à peu près correctement la logique du livre, version moderne, il n’y a pas grand chose à dire sur l’adaptation en elle même qui prend des libertés presque sans dénaturation de l’œuvre. La réalisation elle par contre souffre terriblement de son statut de film hollywoodien et de teenage movie. Les trois principaux défauts sont:
– L’aberration des situations liées aux pouvoirs de Carrie: elle casse et fait bouger plein de choses tout au long du film mais absolument personne ne semble avoir des yeux puisque personne ne le voit !
– Le teenage movie aux clichés bien hollywoodien freine la petite Carrie White dans sa « Vengeance » (sous-titre du film) et la rend politiquement correcte, pas trop trash et pas trop violente (moins que la version originale).
– L’absence quasi-totale de musique ! La scène de fin toute impressionnante soit elle aurait été bien mieux avec une musique adéquate (cf. la scène de fin de Silent Hill premier du nom).
Les faux raccords et incohérences diverses sont légions et parfois flagrants. Le passage Studio/Extérieur est très visible sur les décors et la lumière (ou alors c’est des effets spéciaux loupés je ne sais pas). A noter tout de même la bonne prestation des acteurs en particulier l’étonnante Chloë Grace Moretz très convaincante en Carrie.
En bref, un film très moyen, a peu près juste avec une bonne volonté des acteurs mais bien trop ciblé adolescent et hollywoodien.
Note: 12/20

 

blade_runner_xlgBlade Runner, de Ridley Scott (1982)
Dans les dernières années du 20ème siècle, des milliers d’hommes et de femmes partent à la conquête de l’espace, fuyant les mégalopoles devenues insalubres. Sur les colonies, une nouvelle race d’esclaves voit le jour : les répliquants, des androïdes que rien ne peut distinguer de l’être humain. Los Angeles, 2019. Après avoir massacré un équipage et pris le contrôle d’un vaisseau, les répliquants de type Nexus 6, le modèle le plus perfectionné, sont désormais déclarés « hors la loi ». Quatre d’entre eux parviennent cependant à s’échapper et à s’introduire dans Los Angeles. Un agent d’une unité spéciale, un blade-runner, est chargé de les éliminer. Selon la terminologie officielle, on ne parle pas d’exécution, mais de retrait…

Ah je vais probablement me faire pas mal d’ennemis parmi les gens qui liront ceci mais je n’ai pas tant apprécié que cela le fameux Blade Runner de Ridley Scott. La première et principale raison est que le film a très mal vieilli (plus que les deux autres auxquels je vais plus loin le comparer). Les causes de ce vieillissement accéléré sont multiples à mon sens. Déjà il y a dans un Blade Runner un esthétique particulière (du reste merveilleusement bien réalisée), presque rétro-futuriste, très ancrée dans les modes tant décoratifs que capillaires des années 80. Du coup cette esthétique est très jolie, colle bien à l’histoire mais à une fâcheuse tendance à être très démodée et du coup on a un peu du mal à rester dans « l’anticipation » alors que les « codes » ne sont déjà plus les mêmes. Forcé d’admettre également que même si j’adore Vangelis et la BO du film, une telle musique renforce également le côté « old school » et parvient on entend plus la musique que l’on ne voit le film ce qui nuit gravement à l’immersion qu’un film de SF ou d’anticipation demande.
Côté scénario c’est assez classique mais efficace. Je peine à croire que le livre (mais je l’ai pas lu) se résume à traquer les Replicants évadés pour les flinguer, je pense que le film a été fortement orienté action et peu creusé, tant et si bien que la critique sociale ou du système est très effacée si ce n’est pas le grand patron de la firme qui construit les Réplicants
Quand j’ai vu le film je n’ai pu m’empêcher de le comparer à Brazil de Terry Gilliam et à Dark City de Alex Proyas et de les préférer à Blade Runner. Tant par le scénario mais surtout par l’esthétique ces deux films qui vont bien au delà de Blade Runner. La folie visuelle de Terry Gilliam et les importantes satyres sous-jacentes de son scénario sont extrêmement plus puissantes. Quant à Dark City on y retrouve un suspense et des interrogations bien mieux maitrisés que dans Blade Runner où (bien qu’Harrison Ford et les autres jouent dans l’ensemble très bien) on a grand peine à avoir peur pour le héros. Heureusement que Scott laisse planer le doute (car il semblerait que dans l’ouvrage il n’y ait pas de doute) quant à sa nature de Replicant ou non ce qui ajoute de la tension et motive le film.
En bref un très grand classique du cinéma SF et anticipation, bien joué, bien réalisé mais qui souffre de quelques défauts, qui a mal vieilli et qui, à mes yeux, peine face à une compétition farouche venant de deux immenses autres films du genre.
Note : 14/20

 

Le-Monde-Fantastique-d-Oz_PosterDef_BBBuzzLe monde fantastique d’Oz, de Sam Raimi (2013)
Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences…
Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?

Monsieur Sam Raimi est de retour après les Spiderman (et un autre film) et il s’attaque à du très lourd, le Magicien d’Oz !
Déjà premier bon choix scénaristique : faire un préquel ! Même s’il semble y avoir 6 autres livres d’origine en plus du Magicien d’Oz que tout le monde connait (je ne les ai pas lu), faire une suite était trop risqué je pense et cela aurait été très certainement un massacre. Avec son scénario se passant de nombreuses années avant l’histoire du film classique, Sam Raimi arrive habilement à rattacher les évènements de son film avec ceux de l’ancien Magicien d’Oz et ce avec assez peu d’incohérences à l’arrivée. Les acteurs et actrices jouent plutôt assez bien, mention spéciale pour James Franco, les autres bons mais sans plus.
Venons-en à l’autre point capital du film: le visuel ! Faisant écho à un des premiers films en couleur (je crois) et aux visuels impressionnants pour l’époque, Sam Raimi se devait de frapper fort ! Et bien que l’ensemble reste joli, c’est loin d’être parfait et l’utilisation abusive de l’image de synthèse (j’ignore si le film était en 3D à sa sortie ou non mais ça devait pas être terrible) donne l’impression aux spectateurs d’un rendu partiel, un peu trop imparfait et aux effets spéciaux un peu trop visibles.
Ajouter à cela quelques personnages présents dans le livre « Le Magicien d’Oz » et à qui Sam Raimi a donné beaucoup d’importance pour pas grand chose (la poupée en porcelaine), et des scènes d’action un peu trop fréquentes et on se retrouve avec un film en demi-teinte qui sera apprécié ou non mais qui (à mon avis) se laisse regarder sans marquer les esprits.
Note : 13/20

 

le loup de wall streetLe Loup de Wall Street, de Martin Scorsese (2013)
L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Un film bien difficile à noter et clairement en demi-teinte. Commençons par les plus du film. Tout d’abord les acteurs de grande qualité s’enchaînent les uns après les autres à l’écran, Dicaprio évidemment loin devant les autres comme à son habitude. On peut discuter du fait que Leonardo commence à avoir l’habitude de jouer les playboy/dandy fortunés sous différentes formes ces derniers temps (cf. Gatsby et Danjgo), je pense qu’il devrait changer un peu de registre (mais peut-être le fait-il actuellement, j’ai cru voir en tout cas) sous peine d’être bientôt cantonné à ce genre de rôles.
Pour le reste, j’aime assez le côté « satyrique » du monde financier et de ses dérives les plus flagrantes. Il est très bien montré dans toutes ses facettes et certaines scènes sont tournées en dérision et sont d’un comique assumé et efficace. Malgré tout, un peu à l’instar de The Bling Ring, le film est fait d’un seul point de vue et on a vite de la compassion pour ce malfaiteur, syndrome d’une Amérique qui idolâtre la réussite financière quand bien même elle serait hors la loi. Un message en demi teinte donc si on y regarde de trop près.
Enfin le principal défaut du film est sa longueur et un problème de rythme vers le milieu du film. Il aurait mérité d’être amputé d’une vingtaine de minutes et plus clair dans sa gestion de la psychologie des personnages afin de savoir plus facilement où le film veut en venir.
En bref un bon film avec de très bons acteurs mais peut-être trop long, qui ne va pas assez loin et qui distille des idées et des messages un peu flous.
Note : 13,5/20

 

affiche-du-film-l-ecume-des-joursL’écume des jours, de Michel Gondry (2013)
L’histoire surréelle et poétique d’un jeune homme idéaliste et inventif, Colin, qui rencontre Chloé, une jeune femme semblant être l’incarnation d’un blues de Duke Ellington. Leur mariage idyllique tourne à l’amertume quand Chloé tombe malade d’un nénuphar qui grandit dans son poumon. Pour payer ses soins, dans un Paris fantasmatique, Colin doit travailler dans des conditions de plus en plus absurdes, pendant qu’autour d’eux leur appartement se dégrade et que leur groupe d’amis, dont le talentueux Nicolas, et Chick, fanatique du philosophe Jean-Sol Partre, se délite.

Voilà un bien beau film, une bien belle découverte et qui m’a donné très envie de voir le reste des films de Mr Gondry. De Michel Gondry je n’avais à l’époque vu que l’excellent « Soyez sympas, rembobinez » et ce film fut vraiment révélateur. Tout d’abord il n’y a pas grand chose à jeter niveau acteur, ils sont tous parfaits dans leur rôle et le casting est impressionnant.
Côté visuel le film est d’une remarquable qualité surtout pour une production française ; comme quoi on peut aussi faire de belles choses quand on prend quelques risques et qu’on sort des films préformatés « tout public ». Bien sur les effets spéciaux sont parfois et imparfaits mais l’univers onirique est tellement bien amené, tellement original qu’on ne peut qu’applaudir le travail fait pour le film.
Côté scénario, on oscille entre le drame, la comédie et le conte romantique. Le film a ses moments drôles, ses moments très tristes, sous-entend quelques morales etc bref on est là aussi bien loin de la comédie française nunuche ou du film d’auteur dépressif et chiant à mourir.
A l’instar de Jeunet (et avant eux Besson) Gondry fait parti de ses quelques rares réalisateurs français qui osent des choses et qui ont un grand talent ! Il faut espérer qu’ils gagnent en popularité auprès du public et que les producteurs leur fassent plus confiance (et pas seulement avec des sous américain comme une fois sur deux) et on peut espérer de voir dans les prochaines années de très bons films d’origine française !
En bref, un très très bon film à savourer et à revoir comme une pierre rare et précieuse.
Note : 16/20

 

les aventure de robin des bois curtizLes aventures de Robin des Bois, de Michael Curtiz (1938)
Parti pour les croisades, le roi Richard Coeur-de-Lion est fait prisonnier par Leopold d’Autriche qui demande une rançon. Plutôt que de payer, le Prince Jean, frère du roi, s’installe sur le trône d’Angleterre. Robin de Locksley, archer de grande valeur, refuse de reconnaître l’usurpateur et organise dans la forêt la résistance pour sauver son roi.

On ne présente plus un personnage comme Robin des Bois, adapté de multiple fois allant de Disney à Russel Crowe en passant par Kevin Costner et les séries TV. Ce film de la fin des années 30 n’est pas le premier (le 4e pour être précis) sur le sujet mais reste tout de même un des premiers, des plus connus et est régulièrement cité comme classique du cinéma.
Le film est un film de cape et d’épée classique, coloré et très « old school » ce qui semble normal. Il suit les codes du genre et de l’époque, belles cascades chorégraphiées, des combats animés par de belles musiques, de beaux dialogues fleuries et un scénario épique et romantique fait pour le genre. Le film semble ne pas avoir autant vieilli que certains autres, les acteurs sont talentueux, les costumes sont très colorés et plutôt jolis bien que très kitsch, le réalisateur est talentueux et les musiques très cohérentes, très bien trouvées et colle parfaitement aux scènes d’action, aux cascades etc. Les défauts du film viennent majoritairement de l’époque à laquelle il est tourné. Le scénario retrace l’histoire de Robin mais comporte un certain nombre d’incohérences et il est parfois difficile de trouver les dialogues et les situations critiques, donnant un aspect presque « comique » au film quand il se veut épique.
En résumé un très grand classique du cinéma, des acteurs de génie et un très bon visuel qui souffre seulement de son âge au niveau scénaristique.
Note : 14/20

 

le pirate vincente minnelliLe Pirate, de Vincente Minnelli (1948)
Parce que Manuela rêve du pirate Macoco, le comédien Serafin, pour la séduire, se fait passer pour le forban alors que la jeune femme est promise au Maire, qui n’est lui même que l’ancien pirate en question. Mal lui en prend. Il est arrêté et condamné à mort. Mais si la scène l’a perdu, elle peut également le sauver.

Je dois avouer que j’ai beaucoup de difficulté à évaluer ce film compte tenu de son statut de comédie musicale (et j’ai toujours un peu de mal avec les comédies musicales) mais je vais faire de mon mieux. Je vais commencer directement par les défauts comme ça cela sera plus facile. D’abord j’ai été un peu déçu par le titre. Je m’attendais un film de « pirates » cape et d’épée musical ultra coloré et kitsch, un peu comme un Robin des Bois (voir dessus) qui aurait été mixé avec des chansons. Mais bon on ne peut pas commenter un film à partir de son titre. Deuxième gros point négatif pour moi, j’ai trouvé la première partie d’introduction des personnages un peu longue, vide et ennuyeuse.
Néanmoins une fois la première moitié passée, on entre dans l’histoire au sens propre du terme, un quiproquo se met en place et le film augmente en qualité de façon exponentielle. J’ai eu l’impression de voir une pièce de théâtre musicale avec des personnages qui se font passer pour d’autres, qui bluffent etc. c’était vraiment très sympa, très original et très bien réalisé ! Et les acteurs sont talentueux et s’en donnent à cœur joie !
Pour le reste il n’y a pas autant de musique qu’on pourrait l’imaginer et elles sont de grandes qualités et collent parfaitement aux péripéties et aux actions. Visuellement il y a beaucoup travail au niveau des décors et des costumes et le rendu final est plutôt impressionnant.
En résumé un film classique très bien fait, au scénario et au script très original et bien joué, au visuel plutôt impressionnant mais qui traine beaucoup trop dans les 40 premières minutes.
Note : 14/20

 

The Imaginarium of Dr ParnassusL’Imaginarium du docteur Parnassus, de Terry Gilliam (2009)
Avec sa troupe de théâtre ambulant,  » l’Imaginarium « , le Docteur Parnassus offre au public l’opportunité unique d’entrer dans leur univers d’imaginations et de merveilles en passant à travers un miroir magique. Mais le Dr Parnassus cache un terrible secret. Mille ans plus tôt, ne résistant pas à son penchant pour le jeu, il parie avec le diable, Mr Nick, et gagne l’immortalité. Plus tard, rencontrant enfin l’amour, le Docteur Parnassus traite de nouveau avec le diable et échange son immortalité contre la jeunesse. A une condition : le jour où sa fille aura seize ans, elle deviendra la propriété de Mr Nick. Maintenant, il est l’heure de payer le prix… Pour sauver sa fille, il se lance dans une course contre le temps, entraînant avec lui une ribambelle de personnages extraordinaires, avec la ferme intention de réparer ses erreurs du passé une bonne fois pour toutes…

Ah voir un nouveau film de Terry Gilliam c’est toujours un plaisir pour moi ! De Sacré Graal, à Parnassus en passant par Brazil, L’armée des douze singes, Le baron de Münchhausen, Les frères Grimm et Las Vegas Parano, la plupart des films de Gilliam sont d’une qualité artistique et cinématographique impressionnantes. L’Imaginarium ne déroge pas à la règle même si il n’est pas sans défaut.
Tout d’abord, le pauvre Gilliam a du trouver une parade au décès d’Heath Ledger pendant le tournage et s’en sort très bien avec l’aide de Johnny Depp, Jude Law et Colin Farell. Pour le reste du film il est bien compliqué de le commenter car, comme bien souvent avec Gilliam, le film dispose (selon moi) de plusieurs niveaux de lecture. Toute l’histoire abracadabrantesque  de l’immortalité du Docteur, du Diable etc peut être prise au 1er degré et le scénario semble alors parfois non achevé ou bancal avec des choses qui auraient mérité plus de détails et d’autres moins. D’un autre côté le but premier de Parnassus est d’apprendre au monde à rêver, à s’échapper de la réalité au profit de l’imagination individuelle ; le but même du personnage principal ainsi que pas mal de transitions (en particulier à la fin) peuvent laisser penser que toute l’histoire n’était en réalité que la vie d’un homme fantasmée à l’extrême et dans laquelle les choix qu’ils a du faire dans son passé trouvent une explication fantasmagorique et irréelle. Dans ce cas de figure ci, le film gagne en cohérence et en sens mais sa structure scénaristique semble alors flou et très complexe (plus encore même que Brazil ou Münchhausen pour lesquels on pourrait déjà débattre longuement). J’ignore si Gilliam a réalisé tout cela sciemment, si la mort de Ledger n’a pas modifié le scénario, peut-être s’attendait-il que la seconde lecture soit plus claire alors que le spectateur aura l’œil rivé sur les changements d’acteurs concernant le personnage de Ledger. Ce personnage en particulier est flou et son rôle dans l’histoire n’offre en définitive qu’un « accélérateur » aux évènements que le docteur a lui même initié. Le changement d’acteurs se justifie par le rebondissement final concernant ce personnage aux personnalités multiples mais si l’acteur n’était pas décédé son rôle aurait-il été le même ? Bref.. Difficile !
Concernant Ledger lui-même ainsi que les autres acteurs je les ai trouvé plutôt drôles et talentueux.
Pour ce qui est du script (et dans un certain sens le scénario aussi) il est très ancré dans l’univers de Gilliam. De nombreux petits détails à la fois loufoques et merveilleux ponctuent le récit, les dialogues ou les jeux d’acteurs.
Les effets visuels sont un peu en deçà des effets numériques actuels (et de l’époque) certainement à cause d’un budget restreint pour ce domaine mais ils n’en restent pas moins de bonnes qualités et l’impressionnant univers visuel de Gilliam se déchainant et se déversant sur nos rétines le résultat est plutôt réussi !
En bref, du grand Terry Gilliam, visuel, imaginatif. Un film très bon et rempli de bons acteurs mais imparfait et qui aurait gagné à améliorer la cohérence scénaristique et ce quelque soit comment on l’interprète.
Note : 14,5/20

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commentaires
  1. Haaaaaa ! Hérétique ^^
    Blade runner c’est le meilleur film de tous les temps !
    Enfin non, mais c’est un de mes top films :p

    => best réplique du cinéma

    • maedhros909 dit :

      Bah il est bien c’est sur!
      Mais j’ai préféré Brazil et Dark City dans le même genre. Sachant que l’un c’est Gilliam et l’autre Proyas (The Crow) ça te donne l’idée du truc 😉
      Pas sur que j’ai eu la director cut de Blade Runner aussi.
      Bon ça m’a donné envie de réessayer de lire K.Dick quand même!, j’en ai plein faut que je vois si je l’ai celui-ci.

  2. Ondine dit :

    Bon, je dois voir « Anonymous » !!

  3. rp1989 dit :

    Je serai un peu moins dure que toi sur Blade Runner.
    Mais je suis assez d’accord sur tes avis de films.

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