La Malerune, de Pierre Grimbert et Michel Robert

Publié: 23 janvier 2014 par maedhros909 dans Fantasy, Littérature
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La Malerune Pierre Grimbert Michel RobertIl existe deux mondes. L’Ældo, celui des humains et d’autres peuples pacifiques, et le Maûne, de brumes et de ténèbres, où vivent des créatures monstrueuses et sanguinaires. Ainsi en est-il de l’Équilibre, voulu en des temps anciens par les dieux. Mais il existe aussi deux runes excessivement puissantes, dont les pouvoirs s’annulent : la Belle Arcane et la Malerune. Et le malheur s’abat sur les Eldes lorsque la Malerune est retrouvée et activée.

Une bien étrange paire se présente aux portes du château Garamont : un sorcier autoritaire et susceptible accompagné d’un homme-loup aussi effrayant que noble de cœur. Pour la jeune Ariale, retenue prisonnière dans sa chambre, nul doute qu’ils ont un lien avec le chevalier Eras, son père mystérieusement disparu… Une compagnie d’aventuriers des plus inattendues naît alors. Zétide le puissant sorcier, Hogo le noble et monstrueux Lycante, la belle et farouche Lucia, et bien sûr Ariale partiront à la recherche du chevalier Eras et tenteront de percer le secret de sa quête et de la Belle Arcane.

 

Me voilà une nouvelle fois (la 3e ou la 4e je dirai) en plein dans l’épopée fantastique de la Malerune !
Ce livre que jadis j’avais lu quelques temps après Le Secret de Ji, du même auteur, m’a tout de suite plu, et me plait toujours aujourd’hui c’est pour quoi je m’emploie à en parler ici !

Tout d’abord, et ce n’est pas peu de le signaler à nouveau, Pierre Grimbert et Michel Robert (même si pour Robert je ne connais pas -encore- son cycle de fantasy « L’agent des ombres« ) sont tous deux des auteurs de Fantasy français ! Et forcé d’admettre qu’ils sont bien peu nombreux en France à exploiter ces univers et à être reconnu par le public, même quand il est accoutumé à la SF, Fantasy ou autre. Nombreux seront ceux qui auront retenu Eddings, Williams, Goodking (rendu célèbre par la série TV) et bien sur Tolkien. Certains auront aussi en tête Gemmell, Salvator, Feist ou Pratchet -entre autres-, mais peu sauront qui est Pierre Grimbert et son île de Ji (du reste bien trop surexploitée aujourd’hui!) et Robert. Maintenant plus d’excuse ! Laisser tomber la Bit-Lit, les séries de Fantasy stéréotypées à l’américaine qui n’en finissent plus et la SF pour ado et tester un peu du frenchy pour une fois !

La Malerune 1 Pierre Grimbert Michel RobertMaintenant que justice a été rendu à ces auteurs parlons réellement de la Malerune.
Composée de trois tomes (et aujourd’hui éditée également en un tome intégral -la couverture ci-dessus-), la saga épique (1100-1200 pages à l’arrivée) a été écrite en collaboration entre ses deux auteurs. Bien souvent on attribue le premier tome à Grimbert et les deux suivants à Robert mais au vue du style et de l’avancée de l’intrigue, son rythme et ses péripéties je pense personnellement que les deux ont toujours bossé ensemble. Néanmoins il est aussi normal que l’on sente parfois -très légèrement- l’influence de l’un ou de l’autre, en particulier sur la façon dont l’histoire progresse ou les thèmes abordés entre deux péripéties mais j’y reviendrai.

D’un point de vue purement stylistique c’est on ne peut plus fluide et facile à lire, plus encore que Le Secret de Ji! Pas de chapitrage ; découpage en plusieurs « livres » internes aux différents tomes ; relativement peu de personnages et de noms pour de la Fantasy (surtout si l’on compare à certains classiques comme Tolkien ou Martin), également peu de notions délicates à appréhender et une écriture claire, pas trop descriptive, très fluide, sans être basique pour autant. Il est bien difficile de fermer le livre et bien facile d’enchainer les pages à la suite par dizaines voire centaines. On ne voit quasiment pas de différences de style (en tout cas pas moi) entre les tomes, ce qui me conforte dans l’idée que la rédaction (ou une grande partie du travail en tout cas) a été commune. Petit point stylistique négatif, essentiellement dans le tome1, le teasing ! Les auteurs abreuvent leurs fins de paragraphe d’un suspens grossier et permanent. On y trouve presque toujours des phrases comme « Ah s’il avait su que…. , il n’aurait fais ça… » ; « Ah s’il pouvait se douter que… Il serait vite parti… » ; Bref pas mal de phrases n’apportant rien au récit, d’autant qu’à postériori même si les personnages ont été en danger ils ont quand même avancé dans leur quête et par conséquent ne serait pas parti plus tôt même s’ils avaient été conscient du danger qui les guettait.

Parlons à présent de l’histoire !
A l’instar du style, l’univers est ni trop développé ni trop détaillé. Ce qui posera peut-être problème à certains aficionados de la Fantasy, c’est que l’ensemble manque peut-être d’un peu de détails et de profondeur, de cette sensation de réalisme poussée que l’on ressent dans certaines sagas et encore plus chez Tolkien ou Eddings. Une autre conséquence de cela est qu’une partie de la carte du monde (donnée en début d’ouvrage) n’est pas entièrement exploitée, il y a de nombreuses villes et régions que les héros ne verront pas et qui ne seront, au mieux, que rapporter sous forme de rumeurs ou de récits d’un protagoniste.
La saga suit un schéma narratif stricte et étroit qui calque à cette idée que tout ne sera pas exploité. Par exemple dans le tome 1, l’action à lieu dans un château après quoi il y a quelques dizaines de pages en forêt puis l’action prend place dans un monastère jusqu’à la fin du tome. En d’autres termes tout le tome 1 (environ 300pages) se situe uniquement dans un château puis dans un monastère. Conséquence à cela, le lecteur lit très vite le tome et l’histoire en est d’autant plus addictive mais on perd un peu du réalisme et de la profondeur que pourrait avoir l’univers. Malgré tout, ce schéma se délite dans le tome 2 et a presque disparu dans le tome 3 (car l’intrigue et l’action y accélèrent) et on a de nombreuses informations habilement distillées par le mage, des livres et des personnages secondaires.

Les personnages principaux sont tous détaillés et très intéressants. On s’y attache et s’identifie à eux rapidement et avec une grande facilité. On y trouve de plus deux personnages féminins très forts, ce qui est plutôt rare dans la Fantasy et qu’il est toujours bon de signaler.

L’intrigue et l’idée de départ de collision/fusion des mondes a l’air « simple » hors contexte mais ne semble pas clichée ou stéréotypée dans l’ouvrage. Le travail et l’approche de la magie via les runes et un certain nombre de règles suit la même idée. Rien ne sort réellement des carcans de la Fantasy et semble hors contexte mais tout est parfaitement intégré, détaillé et les rouages sont parfaits pour que les lecteurs (qu’ils soient des habitués ou non du genre) soient ravis et comblés.
Le modèle du « voyage initiatique des héros » classique est appliqué de façon très proche à celui du Secret de Ji. Les thèmes abordés sont « classiques » mais efficaces et encore une fois toujours bien amenés. On y trouve des trahisons, des chasses à l’homme, un méchant récurent et quelqu’un qui tire les ficelles dans l’ombre, de l’apprentissage/formation entre protagonistes au cours de voyage etc. J’ignore si Robert à dans son cycle de romans une application semblable du voyage initiatique du héros mais c’est probable, les deux auteurs semblant avoir de nombreux points communs. Si ce n’est pas le cas on peut y voir le trait de caractère de Grimbert en comparant avec le Secret de Ji.

En résumé cette trilogie est une très belle réussite ! Facile d’accès pour les novices en Fantasy sans avoir une intrigue trop clichée et vide pour les initiés. Un univers ni trop riche ni bâclé et des idées « concepts » structurant l’histoire absolument géniales. Un livre à lire et relire sans modération et avec passion !
Note : 17,5/20

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commentaires
  1. Fánaríë dit :

    Lu il y a très longtemps, mais j’avais du attendre entre chaque tome, et encore plus pour le 3ième

  2. Fánaríë dit :

    c’est juste qu’une troisième génération ça fait beaucoup

  3. rp1989 dit :

    Je pense que pour commencer le genre fantasy, cette trilogie semble plutôt adaptée, comme le fait qu’il y ait peu de personnages.

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