Alice aux pays des merveilles, de Lewis Caroll

Publié: 18 mai 2014 par maedhros909 dans Autre, Conte, Littérature
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Suivrez-vous le lapin blanc?

Suivrez-vous le lapin blanc?

 

Assise dans l’herbe un jour d’été, la jeune Alice rêve quand soudain un lapin blanc pressé passe devant elle. Brûlante de curiosité, Alice s’engouffre derrière lui dans son terrier et se retrouve plongée au pays des merveilles.

Au cours de cet étrange et énigmatique voyage, elle change de taille en buvant dans une fiole, fait la course avec des animaux, berce un bébé qui se transforme en cochon, rencontre le chat du Cheshire qui disparaît à volonté, fait la conversation à une chenille qui fume et participe à la partie de croquet de la Reine de Cœur qui veut couper la tête de tous ses sujets.

 

 

 

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume je m’attaque à un nouveau classique de la littérature.. Alice !
Il est très difficile d’aborder un commentaire avec des œuvres si anciennes, d’autant plus avec celle-ci.

En premier lieu le style d’écriture est beaucoup plus fluide que ce à quoi on peut s’attendre. On associe souvent un vieil ouvrage à un texte difficile à lire, complexe etc. Il n’en n’est rien ! Les dialogues sont simplistes ; les descriptions sont à la fois concrètes, détaillées sans être pénibles à lire, le roman est relativement court.. bref c’est vraiment bien ! Je n’ai pas grand chose d’autre à dire de plus.
L’univers onirique, féérique et illogique de l’histoire est parfaitement bien décri. On s’y croirait presque. Comme Alice s’il advenait qu’elle ne fasse que rêver! On y trouve également de très nombreuses référence au monde anglophone et pas mal de jeux de mots.

Ce qui peut poser problème pour certains lecteurs c’est le fond du roman.
L’histoire (si on peut l’appeler comme cela) n’a que très peu de sens, si ce n’est les deuxièmes lectures, sous-entendus satyriques et sociales, morales éventuelles que l’auteur y glissent. Alice avance bêtement sans jamais réfléchir, n’a jamais peur, ne cherche jamais à faire demi-tour et en finit même par accepter une certaine dose d’absurdité. L’histoire même n’est qu’une succession de lieux, de situations et de personnages tous plus bizarres, fous ou absurdes les uns que les autres.
En soi c’est probablement l’objectif de Caroll de dépeindre un univers absurde teinté d’imageries surréalistes fortes reflétant parfois des morales ou des sous-entendus cachés (comme tout bon conte qui ce respecte). Après tout on se demande toujours si Alice rêve ou non et on peut débattre longtemps sur ce que signifie, pour l’auteur ou pour le lecteur, cet impact brutale entre l’absence de logique, le rêve et la réalité. On ne peut pas dire que l’auteur ne soit pas arriver à ses fins d’ailleurs car sa reine de cœur, son chapelier fou, son lapin blanc et son chat qui disparait sont autant de références et de sources d’inspiration ancrés dans l’imaginaire collectif, bien avant même l’intervention de Walt Disney. Du reste la plupart des adaptations sont, semble t-il, en réalité des adaptations de cet ouvrage mais également complété par sa suite, De l’autre côté du miroir.
J’en arrive donc à ma petite remarque négative. Au vu de la structure « narrative » du récit, et ce même si j’ai pris grand plaisir à le lire, mon esprit pragmatique n’arrivait pas à se faire à l’absence de but, l’absence de réelle intrigue et à certaines incohérences volontairement introduites. Peut-être que la lecture de la suite rendrait le tout plus cohérent ? A voir.

A noter que la présente édition que j’ai lu, comporte un excellent préambule du traducteur (et spécialiste en Caroll, Mr Gattégno) ainsi que ses notes de traduction (et compte tenu du style et des jeux de mots, avoir les sens originaux en anglais est parfois très intéressant), ainsi qu’une brève biographie de l’auteur, geste que j’apprécie également beaucoup dans un ouvrage de ce genre. Les illustrations étaient également celles d’origines approuvés par l’auteur (même si visiblement c’était pas simple avec Mr John Tenniel, l’illustrateur!).

Perpétuel balance entre logique et absurde, paradoxes et bizarreries, imagerie surréaliste et conte fantastique, Alice aux pays des merveilles est une œuvre déroutante, surtout si l’on est pragmatique. Il faut voir ça comme un amalgame d’idées farfelues très originales et colorées, de tableaux, souvent à double sens si l’on les rattache au monde réel, le tout vaguement structuré avec un scénario de type « conte ».
Note : 14,5/20

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commentaires
  1. blueedel dit :

    Pas facile de critiquer certes, mais tu arrives à l’exercice 🙂 merci pour ce partage !

  2. cora85 dit :

    J’ai hâte de le lire, et effectivement, cette édition a l’air efficace !
    Ondine

  3. Reubeuh dit :

    Si ça peut te consoler, la suite a aussi peu de sens, tu ne comprendras rien de plus en la lisant 🙂 (mais elle est bien aussi !)

  4. rp1989 dit :

    J’ai vu ce livre , en plus des jeux de mots et sous-entendus comme une incitation à rêver et à développer son imaginaire. Après c’est aussi un rêve, les rêves sont souvent particulièrement absurdes. Mais je comprends ce que tu veux dire.

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