Vo’hounâ, Une légende préhistorique, de Emmanuel Roudier

Publié: 10 octobre 2014 par maedhros909 dans Bande Dessinée, Littérature
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Vohouna Roudier

 

Une femme étrange aux yeux de miel …
Une ombre tapie dans l’ombre …
Une sombre caverne, un vieux chêne …
Un ours rouge terrifiant …
Pour percer le secret de ces visions, Cheval-Cabré, le jeune chasseur, va devoir quitter le clan de Takhja, car les chamanes l’ont mis en garde: désormais, son destin semble lié à la mystérieuse tribu des Hommes-ours.
Une aventure dans le lointain passé de l’Humanité, il y a 35 000 ans, au temps où les Hommes de Cro-Magnon et les derniers Néandertaliens vivaient côte à côte, au coeur de l’ère glaciaire, guidés par la magie des chamanes et des grands Esprits animaux.

 

 

Aujourd’hui il s’agit d’une BD, presque un Roman-Graphique, 100% française et ô combien originale et atypique !
A l’instar de la Brigade Chimérique pour le jeu éponyme, Vo’hounâ est également une oeuvre qui sert de « base » ou de « contexte » à l’univers d’un Jeu de Rôle. Ce jeu, appelé Würm, compte aussi parmi ses auteurs Emmanuel Roudier lui même, la boucle est donc bouclé eet l’ensemble est complètement cohérent et logique. A tel point que lorsqu’on a aussi joué au jeu on « ressent » les connexions et influences en particulier au niveau des « esprits tutélaires » mais également sur l’action même.
Bref je ne parlerai plus du JdR que je présenterai peut-être une autre fois et concentrons nous sur la BD en tant que tel.

En premier lieu: l’histoire.
Comme on peut s’y attendre avec un concept de base se passant à la préhistoire, l’univers de Vo’hounâ est original, passionnant et très intéressant (et inspirant pour ceux qui toucherait au JdR). L’oeuvre mélange sans fausses notes et avec brio réalités historiques/archéologiques et éléments propres au genre du Fantastique, même plutôt du Merveilleux. En effet, dans cette préhistoire fantasmée personne n’est étonné de voir des chamans en relation avec des esprits divins, pas plus que lorsque ces mêmes esprits interviennent directement sur la vie des tribus. Il est également très intéressant d’avoir une partie sur la genèse de l’oeuvre et la réalité archéologique à la fin de l’ouvrage. Ce petit passage vient combler à merveille notre curiosité et éveille notre culture à des faits assez peu connus.
Le développement du personnage principal de Cheval-Cabré suit plus ou moins le schéma d’une quête du héros classique mais celui de Vo’hounâ est un peu plus atypique et du même coup d’une certaine façon plus profond et mieux réfléchie. Globalement donc l’histoire et le contexte de Vo’hounâ sont excellents, atypiques et le tout demeure une expérience de lecture à part entière.
J’en viens aux deux petits points négatifs ressentis pendant ma lecture. D’abord j’ai eu l’impression d’avoir une petite lenteur au milieu du livre. Néanmoins cette impression n’est peut-être pas liée qu’à l’histoire mais peut-être aussi au découpage de l’oeuvre en terme de chapitrage. En effet le livre pour ses 250 pages environ est seulement divisé en quatre « chapitres » anciennement quatre « volumes » séparés pour d’autres éditions. Du coup avec plus de 60 pages par chapitre il peut être à la fois dur de s’arrêter pendant sa lecture mais également de s’y remettre. Et pour peu que l’action se soit un peu tassée en plein milieu de chapitre pour des raisons scénaristiques tout à fait normales (la remise en question du héros et de sa quête après une épreuve douloureuse) il n’est pas impossible du coup que le chapitrage soit la cause de cette sensation de lenteur. Mais je chipote un peu et je sais bien qu’on édite pas comme on veut sa propre oeuvre!
Deuxième petit point négatif à mon sens: la puissance finale du héros. Bien entendu tout héros termine son épopée bien plus fort que lorsqu’il débute sa quête mais dans Vo’hounâ le nombre et la puissance des pouvoirs de Cheval-Cabré semblent démesurés. Du coup le combat final (au demeurant excellent) ne dégage pas beaucoup de suspens et ne laisse aucun doute quant à son issu et à la victoire inéluctable de Cheval-Cabré. Et bien entendu même si cela colle parfaitement à l’histoire et à la BD il ne faudrait pas que les joueurs du JdR aient tous envie de finir avec une telle sur-puissance (et aussi vite que Cheval-Cabré) sous peine de nuire probablement à la cohérence et à la qualité du jeu.

Venons-en maintenant au visuel.
Celui-ci est très atypique car presque intégralement en noir et blanc. Seul quelques pointes de couleurs sont là parfois pour mettre en exergue certains points de détails en particulier les cheveux de Vo’hounâ. Je pensais que cela me gênerait, étant peu habitué aux BD, je pensais que je ne pourrai lire que SinCity en noir et blanc… et pourtant il faut admettre qu’on s’y fait assez vite et même qu’on apprécie le visuel en particulier les visages et les intérieurs. La qualité des dessins est impressionnante. Les détails y sont nombreux, les mouvements sont très bien rendus, les cadres de vue superbes. L’ensemble est donc globalement magnifique et d’excellente qualité. A mon sens quelques planches montrant d’immenses paysages à perte de vue aurait tout de même mérité d’être colorisées même si c’est juste pour apparaître en « bonus » à la fin de l’ouvrage.

En bref: Une excellente BD! Dépaysante tant sur le contexte et l’histoire que visuellement, l’histoire sans sortir des codes classiques est également prenante et captivante. Le contexte préhistorique quasi-inexploitée par la Fantasy est original, intriguant, inspirant. Enfin le parti pris (ou l’obligation peut être?) de rester en noir et blanc donne un visuel atypique, parfois frustrant, mais qui met en valeur la très grande qualité des dessins! 
Note: 16/20

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commentaires
  1. rp1989 dit :

    On ne fait pas assez d’univers autour de la préhistoire :). Bravo pour ton article!

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