Métro 2033, de Dmitry Glukhovsky

Publié: 12 octobre 2015 par maedhros909 dans Epouvante / Suspens, Littérature, Science-Fiction
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Metro 2033 Dmitry Glukhovsky

 

2033.
Une guerre a décimé la planète.
La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survivants se sont réfugiés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie.

Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d’une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent.

 

Aujourd’hui place à la Fin du Monde! Cependant, loin des films hollywoodiens à très grands budgets,plongeons nous plutôt dans les profondeurs des Métros de Moscou!

J’ai découvert Métro 2033, il faut bien l’avouer, par son adaptation vidéo-ludique. Très bon jeu finalement assez peu reconnu comme tel, le gameplay oscille entre FPS (jeu de tir), jeu d’infiltration et Survival Horror. Javais beaucoup apprécié l’univers et j’ai finalement craqué pour le livre. Je ne vais pas m’étendre sur les différences entre le jeu vidéo et le livre, cela n’aurait que peu de sens, si ce n’est pour dire qu’il respecte globalement la trame de l’intrigue en enjolivant un peu l’environnement et surtout en enlevant pas mal d’étapes au voyage d’Artyom.

Revenons-en au livre et à l’univers de Métro 2033.
Il faut bien le dire les univers post-apocalyptique sont la plupart du temps assez sales et assez noirs, mais là l’auteur s’est surpassé! Comme il se doit la surface est irradiée et donc toute vie hors du métro est impossible. De surcroît pas mal de créatures mutantes y rodent par hordes entières ne laissant que peu de place aux humains.
Mais la vie sous terre n’est guère plus appréciable! Les survivants vivent cloîtrés dans leur station de métro tant les voyages dans les tunnels sont périlleux, la plupart ne connaissent que les deux ou trois stations voisines et considèrent les autres lignes comme des pays lointains avec leurs moeurs et leurs légendes. Chaque ligne d’ailleurs a son propre fonctionnement. Ainsi on y trouve en vrac une ligne marchande très influente, une ligne « rouge » entièrement soviétique, une ligne dirigée par un Quatrième Reich etc etc. Bien entendu guerres et inimitiés sont fréquentes dans les tunnels. Mais ce qui est le plus difficile à imaginer ce sont bien sur les conditions de vie. La seule lumière de beaucoup de stations est celle rougeâtre des issues de secours, l’eau et la nourriture sont rares et à base de champignons et d’animaux d’élevages rachitiques qui ont survécu…
En conclusion la force principale de l’ouvrage, son intérêt est à mes yeux principalement lié à cet univers froid et sordide, décrit avec minutie, justesse et précision. Chaque détail est pris en compte et un nombre incalculable de concepts pour cette vie souterraine sont imaginés par Glukhovsky. De ce fait l’auteur parvient de façon impressionnante à rendre son univers parfaitement crédible et offre à ses lecteurs une immersion totale dans son ouvrage et ce dès les premières pages.

Pour nous aider à s’intégrer dans le métro moscovite le livre (du moins mon édition « L’Atalante ») fournit une très riche carte du métro. Une excellente idée malheureusement partiellement entravée par les noms des stations de métro. En effet, même avec la carte sous les yeux il est parfois difficile de retrouver (et différencier) des noms comme « Mayakovskaya » et « Chekhovskaya » (pour n’en citer que deux). Effet déroutant assuré! Le charme et l’immersion sont là à 100% mais on perd un peu en fluidité de lecture en faisant des pauses pour voir la carte. D’autant plus qu’il arrive parfois dans l’intrigue que le héros passe d’une ligne a une autre par des tunnels un peu cachés voire même par la surface. Je m’y suis vite habitué personnellement mais il n’est pas exclu que les noms de ces stations en rebutent certains dans leur lecture. Un peu comme le lexique des noms du Silmarillion même si l’effet est bien moindre dans Métro 2033 que chez Tolkien.
Dans le même ordre d’idée je me suis posé la question de la syntaxe et de la qualité des phrases. J’ai trouvé le texte dans l’ensemble plutôt bien écrit et facile à lire. Pourtant après 200 ou 300 pages j’ai commencé à avoir une impression étrange. C’est un peu comme si le texte n’utilisait qu’un nombre de mots différents limités. Parfois on a l’impression qu’une phrase ou qu’un paragraphe est un peu plat, il manque de vie ou de saveurs. Je ne peux cependant pas blâmer l’auteur car même s’il n’est surement pas un génie des mots le fait est que le roman nous est traduit du russe… Je pense que la traduction doit être en partie la cause de ce sentiment.

L’autre cause possible de ce sentiment est l’hétérogénéité des paragraphes ou des chapitres. On passe en effet régulièrement de chapitres palpitants au suspense débridé ou à l’horreur qui nous prend direct aux tripes à des chapitres un peu mollassons sur des idéologies ou simplement des visites ou rencontres sans intérêt notable pour l’intrigue. Surement est-ce voulu par l’autre de jouer au Yo-Yo avec l’attention et les émotions du lecteur mais j’ai été que partiellement séduit. Ce qui m’a gêné le plus peut-être est la description mécanique et méthodique de chaque station. Bien entendu parfois elles sont tellement folles ou différentes de celle du héros qu’il est important de s’y attarder. Mais pour les autres peut-être que ces passages auraient pu être évité juste pour enlever le petit côté répétitif de l’arrivée dans une nouvelle station.
Concernant la fin on assiste à un retournement de situation un peu prévisible mais éclipsé en quelques lignes dans un épilogue aussi magistral qu’effroyable. De quoi envie de lire la suite (Métro 2034 comme il se doit) et ce même si j’avais déjà une fin d’intrigue plus ou moins semblable dans le jeu vidéo.

Enfin dernier point concernant le héros: Artyom.
Ce dernier ainsi que son aventure, respectent assez fidèlement le schéma classique de « la quête du héros » alors que l’univers lui ne s’y prête pourtant guère tant il est violent et sombre. Au final on a donc un héros principal un peu neuneu qui évolue très vite. Mais cela renforce tout de même l’immersion puisqu’il est donc plus facile de s’identifier à lui, nous qui sommes étrangers à l’univers du Métro. Un héros qui n’en n’est pas vraiment un donc mais qui contribue à la puissance de l’intrigue et de l’univers.
Peut-être il y a t’il aussi beaucoup de personnages secondaires dont on ignore tout en particulier s’ils sont encore en vie en fin d’ouvrage ou après leur rencontre avec Artyom. Peut-être dans la suite?

En bref donc un excellent roman post-apocalyptique! On y trouve un univers vaste, sombre, réaliste et juste qui saisira les lecteurs dès les premiers pages.
Malgré une traduction peut-être discutable et une certaine hétérogénéité dans l’intérêt des chapitres, le texte est plutôt fluide et seuls les noms propres ralentissent vraiment la lecture.
La fin est à la fois prévisible et magistrale ce qui donne immanquablement envie de lire la suite!
Note: 16,5/20

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commentaires
  1. rp1989 dit :

    L’histoire a l’air vraiment intéressante :).

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