Le portrait de Dorian Gray, de Oscar Wilde

Publié: 15 décembre 2015 par maedhros909 dans Autre, Littérature
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«Au centre de la pièce, fixe a un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une extraordinaire beauté physique, devant lequel, a peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donne lieu a d’étranges conjectures.»
Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce vœu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait ou se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer.»

 

 

Une fois encore j’ai l’occasion de faire un bond très lointain dans le passé via une oeuvre littéraire majeure. Aujourd’hui: « Le Portrait de Dorian Gray », d’Oscar Wilde.
Avant toute chose je vais commencer par un peu d’objectivité. N’étant que très peu au fait des œuvres de l’auteur je me suis rapidement renseigné sur lui avant. Il est probable cependant que mes informations et commentaires soient imparfaits et merci d’en tenir compte si vous y voyez des erreurs ou des bêtises.

Le niveau d’écriture et le langage dans les dialogues sont assez soutenus sans pour autant tomber dans les idées reçues qu’on pourrait avoir sur les œuvres dites classiques. Cela reste tout de même assez clair et lisible.

Le livre se résume majoritairement à un portrait de l’époque: la fin du XIXe siècle. L’auteur appartenait principalement au style dit « Esthétisme » qui m’a semblé également pendant ma lecture comme une sorte de version décadente et un peu tordue du Dandysme. Les personnages n’ont pas vraiment de but dans la vie si ce n’est profiter d’elle au maximum. Ils cherchent une sorte de « beauté » dans les choses simples de la vie au point qu’ils en deviennent presque ridicules et surtout très superficielle.

L’auteur s’inspirant donc en partie de sa vie personnelle pour écrire son oeuvre, la vie quotidienne et l’ambiance est très intéressante et très informative pour les lecteurs d’aujourd’hui. Du coup la plus grande partie de l’oeuvre constitue un tableau très concret et très immersif du Londres de l’époque. En ce qui concerne les personnages c’est plutôt une étude socio-psychologique du Dandysme, de l’Esthétisme. Certains chapitres sont exclusivement destinés à voir l’évolution de nos trois personnages principaux au fil du temps et de leurs divers passions et loisirs.
Le livre n’en n’est pas pour autant ennuyeux puisqu’il serait passionnant à analyser paragraphe par paragraphe pour en tirer toutes les idées des sous textes. Néanmoins tout cela est très plat en terme de narration et de rythme puisque l’action est inexistante et l’histoire au final qu’une tranche de vie.

Mais le plus troublant avec le livre de Wilde c’est qu’il est bien loin de l’image d’œuvre « fantastique » qu’on lui attribue généralement. Une idée qui est propagée encore plus dans la « pop-culture-geek moderne » via des films comme (le moyen mais sympathique) Ligue des Gentlemen Extraordinaires, le récent Portrait de Dorian Gray (que je n’ai pas vu mais qui mais ne m’intéresse pas) ou la série (honteuse) Penny Dreadful. Le nombre de passages réellement fantastiques se limitent difficilement à quelques paragraphes. Le reste de l’ambiance « pseudo-fantastique » découlant de ces événements précis renferment en réalité uniquement des réflexions psychologiques sur la morale de Dorian Gray et non un réel « pouvoir » qu’il pourrait avoir, un réel aspect fantastique. Et bien sur il n’est en rien « immortel » contrairement à ces homologues cinématographiques ou télévisuels.

En bref un livre aux antipodes de ce qu’on pourrait s’attendre à lire autour du nom de « Dorian Gray ». On y trouve très peu de fantastique au profit de réflexions complexes sur l’homme, son but et l’époque de l’auteur. Ni ennuyeux, ni de mauvaise qualité, Dorian Gray n’est pas non plus très palpitant à cause d’un manque de rythme et d’une absence d’une intrigue, en particulier dans les deux premiers tiers. En demi-teinte donc, intéressant mais très « intellectuel » et très inattendu compte tenu de la mythologie qui s’est construite autour de Mr Gray.
Note: 13,5/20

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commentaires
  1. cora85 dit :

    Je partage ton avis !
    Ondine

  2. rp1989 dit :

    Je suis d’accord avec ta critique: le roman est présenté comme fantastique alors qu’il s’agit plus d’un conte philosophique (en quelque sorte).

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