Jon Shannow – L’intégrale de la trilogie, de David Gemmell

Publié: 3 mars 2016 par maedhros909 dans Fantasy, Littérature
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Au cœur de la barbarie et de la cruauté, un homme est en quête de rédemption.
Son nom est Jon Shannow.
Il semble avoir éveillé la colère d’Abaddon, dont les soldats sont des fanatiques religieux pratiquant le sacrifice humain afin d’apaiser les Pierres de Sang, des morceaux d’étoiles dotés d’étranges pouvoirs.
Mais Abaddon a commis une erreur : il a enlevé la seule femme qui compte aux yeux de Jon Shannow.
Pour la sauver, ce dernier est capable de remuer le ciel, la terre… et l’enfer.

 

 

Lire (ou relire) un David Gemmell est pour moi toujours un bon moment en perspective.
Jon Shannow faisait jusqu’alors partie des quelques ouvrages de cet auteur, maître de la Fantasy, que je n’avais pas encore lu. C’est chose faite!

Comme je l’ai déjà expliqué dans mes commentaires sur Rigante, le Lion de Macédoine et L’Echo du grand chant les ouvrages de Gemmell appartiennent souvent à deux genres précis. Il s’agit soit d’Uchronie-Fantasy, une histoire réelle détournée ou modifiée par des éléments fantastiques soit de la Fantasy « Classique » mais la plupart du temps fortement inspirée par des civilisations ou des contextes historiques qui ont réellement existé. Et bien la Saga de Jon Shannow ne déroge pas à ces courants de style.

Il s’agit cette fois non pas d’une réelle Uchronie mais d’une histoire « post-apocalytique ». L’histoire se tient quelques centaines d’années après notre ère. Le monde « d’aujourd’hui » a disparu dans un apocalypse causée par sa propre décadence et les survivants sont revenus à une époque proche de notre renaissance.
Gemmell joue avec les époques et s’amuse d’anachronismes ne pouvant être crédibles que dans ce contexte précis d’une société qui a régressé mais qui pourtant est en mesure de pouvoir avoir accès à une « ancienne » technologie qui lui est « scientifiquement » avancée. Rapidement dans l’ouvrage (ou les trois ouvrages puisqu’il s’agit d »une version intégrale ici) l’Histoire devient omniprésente.
Gemmell joue avec l’histoire donc dans ce contexte mais il joue également avec les genres. En effet le « post-apocalyptique » est en général associé à la « science-fiction » mais c’est pourtant loin d’être une généralité. La « régression » de l’humanité à une renaissance fantasque et barbare perturbe déjà l’idée reçue de notre monde en ruine et rouillé que l’on voit régulièrement quant il s’agit d’apocalypse. Mais Gemmell va bien plus loin encore. La magie apparaît très vite dans le récit également, presque en parallèle de la « technologie » qui nous apparaît comme moderne, ce qui fait peu à peu basculer le récit dans la Fantasy. Mais plus encore Gemmell distille également du mythologique et du merveilleux en ajoutant à notre « Histoire réelle » (notre « ère moderne ») le mythe de l’Atlantide qu’il nous serre sur un plateau d’argent et d’une façon plutôt inattendue.
Dernier point clé dans la Saga de Jon Shannow : l’omniprésence de la religion. A l’instar de la mythologie grecque dans Troie et Le lion de Macédoine on retrouve ici en toile de fond des liens et des utilisations plus ou moins utiles de deux des principales religions monothéistes. Tout cela donne un effet un peu « ésotérique » très agréable à l’histoire ce qui finit de noyer le genre « post-apo » sous tout un tas d’autres influences.

Niveau intrigue cela ce complique un peu.
En premier lieu j’ai trouvé que les trois volumes de la Saga étaient assez inégaux. Le premier est excellent. Le deuxième est très bon et introduit pleins de nouveaux concepts, comme les voyages temporels, qui se superposent au monde d’origine. Malheureusement ce volume deux s’essouffle un peu en cours de route selon moi. Enfin le troisième n’est plus vraiment à la hauteur avec un personnage principal amnésique (comme il n’y en a que trop) et une sur-utilisation des allers-retours dans le temps et/ou les dimensions. Je dirai donc que ce troisième tome tombe un peu dans des facilités scénaristiques qui pourtant sont très rares chez Gemmell.
Autre problème pour cette trilogie: le personnage de Jon Shannow en lui-même. Il est l’archétype de l’anti-héros à la fois juste et brutal, qui est fort et anti-social mais sait évoluer grâce aux autres (et à l’amour). En soi tout cela n’est pas négatif s’il n’était pas si proche du personnage de Waylander dans la série éponyme. Les deux personnages m’ont donné l’impression d’être fait dans le même moule et aurait presque pu être interchangeable.

Côté écriture, rien de bien nouveau à dire en plus des autres commentaires sur l’auteur. Gemmell a toujours une écriture fluide sans aucune longueur et toujours orienté vers l’action.

Une Saga bien sympathique et très originale dans le fond et le mélange des genres mais qui souffre un peu d’un personnage un peu trop caricatural (et proche d’un autre) et de petites répétitions et surenchères au fil des volumes qui les rend au final assez inégaux.
Note: 16/20

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commentaires
  1. rp1989 dit :

    Plus le temps passe, plus je me rapproche de la fantasy. Il faudrait que je découvre cet auteur.

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