Le Fléau, de Stephen King

Publié: 24 juin 2016 par maedhros909 dans Fantastique, Littérature, Science-Fiction
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le fléau tome 1


Il a suffi que l’ordinateur d’un laboratoire ultra-secret de l’armée américaine fasse une erreur d’une nanoseconde pour que la chaîne de la mort se mette en marche.

Le Fléau, inexorablement, se répand sur l’Amérique et, de New York à Los Angeles, transforme un bel été en cauchemar. Avec un taux de contamination de 99,4 %.

Dans ce monde d’apocalypse émerge alors une poignée de survivants hallucinés. Ils ne se connaissent pas, pourtant chacun veut rejoindre celle que, dans leurs rêves, ils appellent Mère Abigaël : une vieille Noire de cent huit ans dont dépend leur salut commun. Mais ils savent aussi que sur cette terre dévastée rôde l’Homme sans visage, l’Homme Noir aux étranges pouvoirs, Randall Flagg. L’incarnation des fantasmes les plus diaboliques, destinée à régner sur ce monde nouveau.

C’est la fin des Temps, et le dernier combat entre le Bien et le Mal peut commencer.

 

Je ne le dirai jamais assez sans doute mais Stephen King n’est pas qu’un auteur d’épouvante.
Il est bien souvent rangé dans cette case (encore plus chez nous, vu qu’on adore ranger les artistes dans des cases) à tort et ce parce que la plupart de ses œuvres adaptées sur grand et petit écran (et qui ont eu un certain succès) sont des thrillers d’épouvante/d’horreur. On peut citer par exemple Carrie, Shinning, Simetierre, Ça, The Mist etc.
Mais cela serait bien vite oublier que l’auteur ne se cantonne en rien à ce genre. Il est aussi souvent en lien avec la Science-Fiction, le Fantastique, voire la Fantasy avec La Tour Sombre. Un cliché dont j’ai déjà parlé justement dans mon article sur La Tour Sombre et qui concernait alors son style à la fois réaliste et pesant mais qui n’est en rien spécifique à l’horreur.
Du coup nous voici ici avec un roman de Science-Fiction apocalyptique et post-apocalyptique ultra-réaliste et qui se montre même Fantastique par certains aspects.

Commençons par le côté SF du livre.
Toute la force du livre repose sur la façon réaliste et maîtrisée qu’à Stephen King d’imaginer la fin du monde. Certes cela prend du temps à se mettre en place et certains lecteurs affirmeront honteusement qu’il ne se passe rien dans le roman. Mais Rome ne s’est pas détruite en un jour. Dans l’Histoire, lorsqu’une épidémie frappait c’était toujours pour plusieurs mois voire plusieurs années. Que certains lecteurs trouvent cela long et inintéressant repose plus sur leur sensibilité, leur niveau de lecture et leur capacité à se projeter dans cet univers qui sombre lentement, que sur le contenu réel de l’ouvrage. Car cet effet est non seulement voulu mais recherché adapté et enivre le lecteur qui y plonge d’un suspense latent.
Comme dans énormément de livres de King, la tension d’une situation donnée vient du crescendo d’événements, de plus en plus étranges ou importants, qui ont mené jusqu’à elle. L’important pour King c’est comment des gens ordinaires sont petit à petit confrontés aux addictions, à des événements surnaturels, à la peur, à la mort etc. et comment ils y font face (ou non). Et quoi de mieux qu’une apocalypse pour décrire cela à grande échelle?
Les immunisés voient leurs proches frappés un par un par le virus. Puis le murmure de la menace parcoure le monde. Puis la panique. Et enfin tout sombre dans le silence et le noir pour les laisser seuls survivants de leur quartier ou de leur ville.
Dans cette situation les valeurs morales et matérielles changent drastiquement, l’argent ne vaut rien et les vivres valent de l’or. Cet état de fait permet comme dans tout bon livre de SF une petite satyre de la société moderne.
Une fois toutes les étapes de transition apocalyptique finies c’est le moment du renouveau. Les survivants se regroupent sous l’impulsion d’un personnage, voyagent pour se retrouver. Ils doivent reconstruire une cité mais aussi une société. Là encore l’idée est de ne pas reproduire « les erreurs » du passé, critiques directes de la société.

Passons aux notions de Fantastique du Fléau.
Une fois que l’Apocalypse a eu lieu, le terrain est propice à l’étrange. La situation est en soi déjà tellement sur-réaliste pour des gens qui, quelques semaines plus tôt, vivaient normalement qu’elle ne choque qu’à peine les survivants. Après tout, le Fléau a décimé l’humanité en quelques mois alors pourquoi ne pourrait-il pas y avoir aussi plus que cela, des entités, de la magie? King par du principe que le « Mal » et le « Bien » vont s’affronter pour déterminer l’avenir de cette nouvelle humanité. Il est sous-entendu d’ailleurs (il me semble) que ce n’est peut-être pas la première fois qu’un tel « conflit » a lieu sur fond d’humanité décimée. Les survivants sont « appelés » à rejoindre Mère Abigaël ou Randall Flagg tous les deux possédant d’étranges pouvoirs. Là où Mère Abigaël est bienveillante et attire à elle tout le bien de l’humanité, Flagg lui dispose d’une puissance bien supérieure et va faire de l’ambition, le luxe et la force ses arguments. Flagg voulant détruire la ville fondée par Abigaël, la confrontation est inévitable. De leur plein grès ou malgré eux les personnages que l’on suit dans tout l’ouvrage sont embrigadés dans un camp ou dans l’autre.
Un petit reproche que je pourrai faire au livre serait peut-être un nombre de personnage un peu trop important, en particulier au milieu du premier volume, où il est parfois un peu dur de s’y retrouver quant à qui est où et avec qui. Mais cela s’arrange après quand ils finissent par se réunir tous formant de nouvelles rencontres, amitiés et plus!

A noter que le texte a connu de nombreux bouleversements.
Il a été une première fois publié en 1978 dans une version courte (que je ne connais pas) puis en 1990 dans une version grandement allongée et actualisée pour l’époque en terme de références culturels (toujours très nombreux avec King), d’avancées technologiques etc. Stephen King d’ailleurs signe une préface hilarante pour expliquer le processus et tacler gentiment ses détracteurs.
Le style d’écriture est quand lui complètement habituel à King à la fois fluide et descriptif, créant une tension de plus en plus forte en l’orientant sur la psychologie des personnages. On y trouve comme toujours des tas de références culturelles.

 

En conclusion, le Fléau est pour moi une des pépites de Stephen King.
Le livre étant assez long on s’attache à tous les personnages et rien n’est laissé au hasard. La tension va crescendo et c’est plus qu’une apocalypse qui est montrée mais également un « road-trip », une épopée.
La deuxième partie, axée sur la reconstruction matérielle et sociale d’une ville, est passionnante et nous plonge dans un processus peu exploré dans le « post-apo » qui nous lâche généralement dans un monde aux règles déjà bien défini.
Je ne peux que le conseiller.
Note: 17,5/20

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commentaires
  1. rp1989 dit :

    Stephen King est un auteur qu’il faut absolument que je découvre. 22.11.63 particulièrement.
    Bisous à toi!

  2. […] notre prochaine lecture! Comme je l’ai déjà clamé avec véhémence dans mon article sur Le Fléau, je ne m’étalerai pas trop… Mais 22/11/63 n’est pas un roman d’épouvante! […]

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